Norvège : Les "stavkirke", églises en "bois debout", et secondairement bien d'autres aspects de ce magnifique pays et de sa culture...

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Re: Norvège : Les "stavkirke", églises en "bois debout", et secondairement bien d'autres aspects de ce magnifique pays et de sa culture...

Message  Jean-Yves Amir le Dim 7 Fév - 20:09

Northman a écrit:
Pour la fin du XIIème siècle, je trouve cela prodigieux.

C'est sûr! Et je ne suis pas certain qu'en ce début de 21ème siècle, beaucoup de charpentiers sachent le faire!

Cette structure est un vrai régal intellectuel, un peu comme de la musique.

Dans le domaine de l'architecture, il y aurait un super sujet à développer sur les structures de construction...  Wink C'est un domaine fascinant... (sur lequel je ne suis guère compétent)

(Juste un mot sur la présentation, Northman, si tu me le permets: en intercalant tes commentaires avec tes images, ce serait plus facile à suivre car ça éviterait de remonter du texte aux images Embarassed Very Happy )

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Re: Norvège : Les "stavkirke", églises en "bois debout", et secondairement bien d'autres aspects de ce magnifique pays et de sa culture...

Message  Northman le Dim 7 Fév - 20:44



Jean-Yves Amir a écrit:
(Juste un mot sur la présentation, Northman, si tu me le permets: en intercalant tes commentaires avec tes images, ce serait plus facile à suivre car ça éviterait de remonter du texte aux images Embarassed Very Happy )

Oui, c'est un essai que j'ai fait en juxtaposant les images, mais je vais rectifier, c'est facile. C'est fait.

Jean-Yves Amir a écrit:
Dans le domaine de l'architecture, il y aurait un super sujet à développer sur les structures de construction...  Wink C'est un domaine fascinant... (sur lequel je ne suis guère compétent)

Vaste programme ! Mais je préfère aborder certaines structures particulières au coup par coup. Je ne me sens pas non plus à la hauteur pour ouvrir un vaste sujet général sur les structures de construction. Et on pourrait y passer le reste de notre vie !  

Jean-Yves Amir a écrit:
Northman a écrit:
Pour la fin du XIIème siècle, je trouve cela prodigieux.

C'est sûr! Et je ne suis pas certain qu'en ce début de 21ème siècle, beaucoup de charpentiers sachent le faire!

Surtout avec les outils du XIIème siècle ! Mais quelques uns l'ont fait.





Par contre, les rouleaux d'isolants thermiques, derrière, ainsi que les tôles ondulées "debout", ne sont pas d'époque...  Very Happy




Dernière édition par Northman le Mar 9 Fév - 9:48, édité 2 fois
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La réplique islandaise de la stavkirke d'Haltdalen

Message  Northman le Dim 7 Fév - 22:01












L'église en bois debout d'Heimaey est une proche réplique de celle d'Haltdalen, et se situe près du port de Vestmannaeyjabær, sur une zone créée par les laves de l'éruption du volcan Eldfell, en 1973, sur l'île d'Heimaey*, dans l'archipel Vestmannaeyjar, en Islande. En commémoration du millième anniversaire de la conversion de l'Islande au christianisme, rappelant la première église construite dans ce pays par Olav Tryggvason** en l'an 1000, et répondant à une suggestion du gouvernement islandais, l'Etat norvégien offrit à l'Islande une réplique de l'église en bois debout d'Haltdalen, construite aux alentours de 1170. La première église connue en Islande était une stolpekirke (pieux directement plantés dans la terre) et non une stavkirke. Elle fut construite au nord du port de Vestmannaeyjabær et n'existe plus.

Les travaux de la réplique ont été entrepris par l'Institut de Recherche Norvégien de la Culture et du Patrimoine, sous la direction Elisabeth Seip, au cours de trois années de recherches et de reconstruction, de 1998 à 2000. La réplique fut construite à Lom, où il existe aussi une stavkirke, avec des matériaux issus de différents coins de la Norvège. Une galerie fut ajoutée tout autour de l'extérieur du bâtiment, inspirée par d'autres stavkirke, afin d'apporter un contreventement supplémentaire à l'édifice exposé aux vents tempétueux des Vestmannaeyjar. L'église fut montée et consacrée au cours de l'été 2000, terminée le 30 juillet.

Texte inspiré de cette Source


* On retrouve cette terminaison -ey, issue directement du vieux norrois ey, île. Nous en avons déjà parlé ici et .

**Olav Tryggvason : Né vers 963-946 et mort en septembre 1000. Roi de Norvège de 995 à 1000. La première église islandaise a donc été construite l'année de sa mort. Ne pas confondre avec Olav II de Norvège, dit encore Olav Haraldson, ou encore Saint Olav, né vers 995 et mort le 29 juillet 1030. Roi de Norvège de 1016 à 1028.

















Extérieurement elle est plus élaborée que celle d'Haltdalen, avec des bas-côtés couverts. Mais intérieurement :









Saint Olav sur l'autel de la stavkirke d'Heimaey :







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Détour inattendu par la charpente du grand comble de la cathédrale de Bourges. Croisées d'écharpes. Flexion des poutres.

Message  Northman le Jeu 11 Fév - 16:26









Ayant vu des croisées d'écharpes dans les charpentes de plusieurs stavkirke norvégiennes, aussi bien grandes que petites, je me suis demandé si on en trouvait
aussi en France dans les charpentes des cathédrales construites à la même époque. En cherchant sur Internet, je suis tombé sur la cathédrale de Bourges :


Les fermes secondaires de la charpente du grand comble de la cathédrale de Bourges :

"Elles sont chacune constituées d’un couple de chevrons, assemblés en tête par enfourchement, et raidis à mi-longueur par un entrait retroussé, une croisée
d’écharpes et, en partie haute, un faux entrait (Fig. 22). En pied, une jambe de force reprend les charges pour les transmettre à un blochet (disparu) qui
reprenait le pied du chevron.Tous les raidisseurs (jambes de force, entrait retroussé, faux entrait, écharpes) sont assemblés aux chevrons par des tenons
mortaises. Ceux des jambes de force et du pied des écharpes comportent un léger embrèvement de façon à ce que ces bois travaillent mieux en butée sur le
chevron. La croisée des écharpes est à mi-bois, face est, comme celle des écharpes à l’entrait retroussé."


Source : La charpente de la nef de la cathédrale de Bourges, par Frédéric Epaud*



   











L'article très complet de Frédéric Epaud* comprend aussi un tableau avec toutes les sections des poutres de charpente :





On a confirmation de ce que l'on observe sur les photos : Les sections des chevrons sont carrées. C'est ce qu'on a aussi
observé pour les arbalétriers d'Haltdalen ou de Borgund. Or ça n'est pas une section carrée de poutre qui lui offre la
meilleure résistance à la flexion. Malgré les raidisseurs, Les chevrons de Bourges ont une importante déformation en
flexion (appelée "flèche") :





La science moderne de la résistance des matériaux montre que les meilleures résistances à la flexion sont offertes par des
sections rectangulaires. C'est pourquoi par exemple on a des sections standard de 5x15, 6,5x18 ou 8x23 pour les poutres
de bois de charpente vendues de nos jours chez les marchands de matériaux français. Grosso modo, des hauteurs trois fois
plus grandes que les bases. On est loin du carré.





Quantifions un peu :


Pour une même portée de poutre d'un même bois et un même type de jonction aux extrémités, faisons
simplement varier la base b et la hauteur h d'une section d'aire constante 15x15 cm², soit 225 cm². La résistance à la flexion
due à une force appliquée au centre de la longueur de portée est proportionnelle au moment d'inertie de la poutre par rapport
à son axe neutre, I = bh³/12.

Calculons b et h pour avoir h = 3b. Donc b x (3b) = 225. Donc 3b² = 225. Donc b²=75 et b=8,66 cm.

Donc h = 225/8,66 = 25,98 cm.

Comparons maintenant les moments d'inertie I1 d'une poutre de section 15x15 et I2 de section 8,66 x 25,98 :

I1 = 15x15³/12 = 4 218,75    I2 = 8,66 x 25,98³/12 = 12 654,76

12 654,76 / 4 218,75 = 2,9996 arrondi à 3.

Il existe un cheminement plus élégant, mais un peu plus abstrait, pour arriver au même résultat.

La poutre de section rectangulaire 8,66 x 25,98 est donc trois fois plus résistante à la flexion que celle de 15 x 15 ! Et ce pour
une même aire de section, 225 cm², donc pour un même volume et un même poids de bois. Je ne sais pas quand sont
apparues les sections rectangulaires pour les arbalétriers, les pannes et les chevrons dans l'histoire de la charpente, mais il est
évident que ce fut un progrès considérable. Idem pour les solives, porteuses des planchers.



Mais revenons au Moyen Age avec Frédéric Epaud* :



"Les charpentes à structures tramées, dites gothiques, avec des travées de fermes secondaires, existent depuis le milieu
du XIIe s
. et se sont largement diffusées durant la seconde moitié de ce siècle. Avec ces charpentes, sont apparus de
nouveaux dispositifs de raidissement des chevrons, notamment les grandes écharpes associées à un entrait
retroussé
.Ces dernières sont très fréquentes dans les charpentes de la seconde moitié du XIIe s.-première moitié
du XIIIe s.
et se rencontrent en région Centre aussi bien dans de petites structures, comme à Cour-Cheverny (environ 1159)
et Monthou-sur-Cher (environ 1173) dans le Loir-et-Cher (Charpentes 2002) que dans des grandes charpentes comme à la
cathédrale de Tours au milieu du XIIIe s. Il en est de même dans les autres régions de la France septentrionale comme en
Normandie sur la cathédrale de Bayeux (Fig. 48) entre 1223 et 1250, à l’abbaye de Fontaine-Guérard à Radepont (Eure) en
1216-1224d ou, à la cathédrale de Rouen, en 1228d (Epaud 2007 : 164 et 182). L’usage des écharpes semble se restreindre
dans la seconde moitié du XIIIe s. pour disparaître durant le XIVe s.
où il s’observe encore sporadiquement comme sur
la nef de la cathédrale d’Auxerre en 1357 (Hoffsummer (dir.) 2002 : 200)."








J'ai encadré en rouge les charpentes normandes, dont Bayeux et Rouen, cathédrales majeures.



Source : La charpente de la nef de la cathédrale de Bourges, par Frédéric Epaud*



Un autre exemple de ferme de charpente de stavkirke, Eidsborg, construite vers 1250, avec encore une croisée d'écharpes :





Les croisées d'écharpes des charpentes des stavkirke marqueraient donc une influence gothique. Il serait intéressant de voir la
charpente de la cathédrale de Trondheim, si elle a été préservée dans son style d'origine. Mais où et pourquoi ont été créées les
premières grandes croisées d'écharpes au milieu du XIIe siècle ? J'aime bien terminer un post par une question...  Smile


*Frédéric Epaud :

Docteur en archéologie, chercheur au CNRS
Spécialiste des charpentes médiévales

Docteur en archéologie, il est chargé de recherches au CNRS (laboratoire « Archéologie et territoires », UMR 6173). Spécialisé dans l’étude des charpentes et des techniques de charpenterie médiévale en France septentrionale, il a publié plusieurs ouvrages et articles sur le sujet. Ses travaux portent plus particulièrement sur l’évolution des charpentes romanes et gothiques, le bois d’œuvre en charpenterie, la sylviculture et la forêt au Moyen Âge, ainsi que sur l’architecture carolingienne en bois à travers l’archéologie expérimentale et l’ethnoarchéologie. Sa thèse De la charpente romane à la charpente gothique en Normandie a été publiée en 2007.

Source 1   Source 2





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Origine des croisées d'écharpes vue par Viollet-le-Duc

Message  Northman le Lun 15 Fév - 17:45




Il me semble avoir trouvé la réponse à la question du post ci-dessus, au moins sur l'origine des croisées d'écharpes. Cela confirme mon intuition qu'elles ont répondu à un problème technique rencontré lors de l'évolution de l'architecture des cathédrales et églises médiévales. C'est dans le Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle , d'Eugène Viollet-le-Duc, Édition BANCE — MOREL de 1854 à 1868, au chapitre concernant la charpente :







"Soit (6 [dessin ci-dessus]) une voûte en berceau tiers-point, comme celles, par exemple, de la cathédrale d’Autun ou des églises de Beaune et de Saulieu ; la corniche des murs gouttereaux est en A, le niveau de la clef du berceau en B ; quand il ne s’agissait que de former un massif en pente sur l’extrados du berceau pour poser une couverture en dalles ou en tuiles romaines à cru, le niveau inférieur de la corniche A était parfaitement motivé ; mais lorsque, sans élever ce niveau, on voulut poser une charpente pour recevoir la couverture, il fallut se passer d’entraits et trouver une combinaison d’assemblage de bois qui pût remplacer cette pièce essentielle.





Souvent les constructeurs ne firent pas de grands efforts pour résoudre le problème ; ils se contentèrent d’élever de distance en distance des piles en maçonnerie sur l’extrados du berceau, posèrent des arbalétriers sur ces piles, puis les pannes sur les arbalétriers, le chevronnage et la tuile. Mais alors tout le poids de la charpente et de la couverture portait sur ces voûtes, souvent mal contrebutées, les déformait et renversait les murs gouttereaux.

Quelques constructeurs prirent un parti plus sage, et remplacèrent l’entrait par deux pièces C D, E F assemblées en croix de Saint-André, à mi-bois (fig. 6). Employant des bois d’un équarrissage énorme, mais élégis entre les assemblages afin de diminuer leur poids, ils purent ainsi, grâce à la puissance des tenons à doubles chevilles, empêcher l’écartement des arbalétriers pendant un certain temps. Cependant ces sortes de charpentes ne pouvaient durer longtemps[3] ; les arbalétriers, n’ayant guère qu’une inclinaison de 45 à 50 degrés, chargés de tuiles pesantes, de lourds chevronnages, arrachaient les tenons des deux faux entraits et poussaient au vide.

C’est pourquoi, dans la plupart de ces édifices, on suréleva les murs gouttereaux, ainsi que l’indique le tracé H[4], de façon à ce que la corniche atteignit le niveau des clefs de la voûte, et on posa des fermes avec entraits K au-dessus des berceaux. Mais on peut se rendre compte de l’énorme construction inutile exigée par ce dernier moyen..."



J'aurais aimé trouver des preuves archéologiques, charpentes ou rehausses de murs gouttereaux, de l'évolution décrite par Viollet-le-Duc. Il n'est pas si facile de trouver sur Internet des photos des charpentes de combles d'églises ou d'abbatiales. Par exemple Autun , ou Cluny et Paray-le-Monial qui ont inspiré Autun. Ces charpentes sont des parties cachées, au-dessus des extrados des voûtes de pierre. Je resterai donc plus volontiers sur le remarquable travail archéologique plus récent de Frédéric Epaud.

A ce stade du sujet, on peut conclure avec certitude que les charpentes vues en détails à Borgund ou Haltdalen sont influencées par le style gothique. J'actualise donc le post en rapport .



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Balade dans Bergen, capitale de l'ouest de la Norvège.

Message  Northman le Ven 19 Fév - 21:31




Un nouveau post de détente. Nous avons passé une journée entière, fin juillet 2008, à Bergen, avant de reprendre le
ferry pour Newcastle. Commençons par le quartier Bryggen, classé au Patrimoine Mondial de l'Unesco. Ce sont les
entrepôts reconstitués des marchands de la puissante Ligue hanséatique, qui domina le commerce aux XIVe et XVe siècles.



























Carte des flux commerciaux contrôlés par les Allemands de la Hanse :







Début du XXIe siècle, marché aux poissons de Bergen. On y retrouve poissons, peaux et fourrures :



















Les Samis étaient là :








Bryggen vu par l'Unesco :

Texte intégral :


"Bryggen, le vieux quai de Bergen rappelle l’importance de la ville comme élément de l’empire commercial de la Ligue hanséatique, du XIVe siècle au milieu du XVIe siècle. De nombreux incendies, dont le dernier en 1955, ont ravagé les maisons typiques en bois de Bryggen. Sa reconstruction a traditionnellement repris les anciennes méthodes et modèles, (ainsi en laissant)sa structure principale a été préservée, qui est une relique d’une ancienne structure urbaine en bois autrefois commune dans le nord de l’Europe. Aujourd’hui, environ 62 immeubles persistent dans cet ancien townscape.

Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Bryggen est un quartier portuaire historique de Bergen, une des plus anciennes cités portuaires d’Europe du nord, sur la côte occidentale de la Norvège, un centre de commerce établi au XIIe siècle. En 1350, la Ligue hanséatique a créé un « bureau hanséatique » à Bergen. Celui-ci est progressivement devenu le propriétaire de Bryggen et a contrôlé le commerce du stockfisch en provenance du Nord de la Norvège grâce à un privilège accordé par la Couronne [ça mérite d'être creusé... dans quelles conditions fut accordé ce privilège ?]. Au total, la Ligue hanséatique a établi quatre bureaux hanséatiques, Bryggen est à ce jour le seul qui ait été conservé.

Au cours des siècles, Bryggen a été ravagé par un certain nombre d’incendies et a été, à chaque fois, reconstruit, en se conformant avec précision à la structure, aux techniques de construction et aux plans antérieurs. L’aspect actuel de Bryggen est semblable à celui du quartier après l’incendie de 1702. Les bâtiments sont en bois et sont construits selon des traditions vernaculaires. La structure urbaine compacte d’origine médiévale est conservée avec ses longues rangées étroites de bâtiments qui font face au port, séparées par d’étroits passages en bois. À ce jour, 62 édifices de ce paysage urbain ancien demeurent et ils conservent suffisamment d’éléments pour témoigner de la façon dont cette colonie de marchands allemands, tous célibataires, vivait et travaillait et de l’utilisation de l’espace dans ce district. Cet espace se caractérise par une construction de bâtiments le long de passages étroits parallèles aux docks. Les unités urbaines sont des rangées de bâtiments de deux à trois étages désignées par le nom médiéval de « gård ». Ces bâtiments ont des façades à pignon qui font face au port et ils sont répartis soit d’un seul côté soit des deux côtés de passages étroits qui font office de cour privée. Les maisons sont bâties selon diverses constructions traditionnelles en rondins de bois et les galeries sont constituées de colonnes et de poutres avec un habillage de panneaux horizontaux en bois. Les toits sont recouverts de leurs tuiles d’origine ou de tôle, suite à des réparations rapidement exécutées après une explosion au cours de la Seconde Guerre mondiale. Au fond du « gård », se trouvent de petits entrepôts ou de petites réserves (kjellere) résistant au feu, construits en pierre, afin de protéger les marchandises particulières ou de valeur contre les risques d’incendie. La structure répétitive des constructions était bien adaptée aux conditions de vie du comptoir de commerce hanséatique. Les marchands allemands prenaient leur quartier d’hiver dans les petites résidences individuelles en bois et les réserves étaient alors utilisées comme entrepôt individuel ou collectif. Bryggen était une véritable colonie, elle jouissait d’une quasi extraterritorialité qui s’est perpétuée au delà du départ des marchands hanséatiques jusqu’à la création du comptoir commercial norvégien en 1754, sous l’impulsion des pêcheurs et armateurs d’origine allemande. Aujourd’hui, Bryggen constitue une partie significative de la ville historique de Bergen, construite en bois.

Critère (iii) : Bryggen porte les traces d’une organisation sociale et illustre une utilisation de l’espace dans un quartier de marchands hanséatiques qui remonte au XIVe siècle. Il s’agit là d’un type de « fondaco » du nord, sans autre équivalent dans le monde, ses structures ont perduré dans le paysage urbain et perpétuent la mémoire de l’un des plus anciens grands ports commerciaux de l’Europe du nord.

Intégrité  

Seul un quart des bâtiments d’origine de Bryggen demeure après les démolitions du début du XIXe siècle et plusieurs incendies dans les années 1950 ; le bien est composé de ces bâtiments qui ont survécu. Quoiqu’il en soit, la structure urbaine médiévale est conservée et les bâtiments présentent tous les éléments nécessaires pour témoigner de la façon dont Bryggen fonctionnait : bureaux et lieux d’habitation en façade, entrepôts au milieu et salles de réunion (Schøtstuer), cuisines et celliers en pierre, résistant au feu, à l’arrière.

Bryggen peut être envisagé comme une entité au sein d’un vaste et harmonieux paysage urbain. Ce quartier est plus étroitement relié aux zones de petites habitations en bois situées au delà de ses limites et dans la ville médiévale qu’aux bâtiments plus grands, construits au XXe siècle, qui sont très proches.

Le risque d’incendie, un nombre excessif de visiteurs ainsi que le changement climatique  entrainant des conditions météorologiques extrêmes et l’élévation du niveau de la mer sont quelques-uns des risques potentiels auxquels Bryggen doit faire face aujourd’hui.

Authenticité

La période hanséatique de Bryggen s’est achevée il y a fort longtemps, mais le patrimoine hanséatique est documenté à travers  les bâtiments, les archives et les objets qui sont bien conservés pour la postérité. Par ailleurs, depuis 1900, des séries d’enquêtes et d’études architecturales ont été menées.

La sauvegarde à grande échelle des bâtiments a débuté dans les années 1960 et a fait des progrès conséquents en 1979, année de l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial. Certains bâtiments sur l’arrière ont été déplacés en 1965 afin de créer une zone dégagée pour les urgences en cas d’incendies, cependant aucune autre modification n’a été apportée à la structure urbaine depuis lors. Les solutions et méthodes choisies ont toutes été bien documentées et le remplacement minimal des matériaux d’origine constitua le but recherché. Bryggen est construit en bois, un matériau sujet au pourrissement, aux attaques d’insectes et au vieillissement. Depuis 2000, on a tout particulièrement veillé à recourir à des méthodes et à des matériaux d’origine dans le cadre de la restauration en choisissant attentivement les matériaux, peintures, chevilles, clous, etc. et en utilisant, autant que possible, les outils d’origine.

L’activité à Bryggen ayant décru après 1900, les bâtiments ont été laissés à l’abandon. Cependant, depuis les années 1960, le commerce du stockfisch et des matières premières a été progressivement remplacé par de petites entreprises d’artisanat d’art. Le nombre croissant de visiteurs a conduit à l’installation de restaurants et de boutiques et services destinés aux touristes. En conséquence, l’esprit du lieu a inévitablement changé, en particulier le long des façades donnant sur le port, tandis que l’atmosphère propre à la période hanséatique peut encore être ressentie dans la partie plus retirée du quartier, à l’arrière.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Bryggen, et notamment ses artéfacts, est classé au titre la Loi sur le patrimoine culturel norvégien et est également protégé par la Loi norvégienne sur la planification et la construction. Le plan de protection adopté prévoit une zone très étendue qui fait office de zone tampon.

Bryggen est un bien privé et la majorité des bâtiments est la propriété de la Bryggen Foundation qui a été créée en 1962 dans le but de sauvegarder Bryggen. Les autres propriétaires privés ont créé une association distincte pour protéger leurs intérêts. À Bryggen, les parties prenantes collaborent avec de nombreux propriétaires et diverses autorités.

Le « Projet Bryggen » a été officiellement  créé en 2000. Il s’agit d’un projet de grande envergure et à long terme de suivi, de sauvegarde et de restauration de Bryggen, tant de ses artéfacts archéologiques que de ses édifices bâtis.

Bryggen est géré par un plan de gestion qui fait l’objet d’une révision régulière. Un système de protection contre les incendies, avec détection et extinction, a été installé et est constamment amélioré. Les conditions climatiques sont un problème majeur, des mesures ont été prises afin de se préparer aux changements à venir. Les impacts potentiels liés au tourisme sont suivis. Le développement et l’aménagement urbains exercent une pression sur les secteurs aux alentours de Bryggen. Tout projet d’aménagement susceptible d’avoir un impact visuel sur le bien du patrimoine mondial fait l’objet d’un suivi attentif par les autorités en charge du patrimoine culturel. "


Source.




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Stavkirke de Borgund : Les bas-côtés.

Message  Northman le Sam 20 Fév - 20:59



Des arbalétriers assemblés à des sommiers en haut, et reposant sur des sablières soutenues par des poteaux en bas, délimitent un espace très semblable aux bas-côtés des cathédrales de pierre, et les poteaux de bois du module principal, séparant le bas-côté de la nef, rappellent les piliers de pierre.








La charpente des bas-côtés, même si elle contribue au contreventement de toute la structure, ne peut, comme je l'ai vu sur certains sites, être comparée aux arcboutants des cathédrales de pierre. En effet, le sommier sur lequel viennent se fixer les hauts d'arbalétriers est placé bien trop bas par rapport à la sablière de la toiture de la nef pour pouvoir jouer efficacement ce rôle, et la pente des arbalétriers est trop forte. Les charpentiers ont d'ailleurs pris la sage précaution de placer deux traverses supplémentaires, les bete sur le dessin ci-dessus, pour jouer le rôle d'entraits, les entraits retroussés des fermes (en orange ci-dessous) n'étant pas suffisants.





Les deux massives bete :





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Stavkirke de Borgund : Galerie extérieure.

Message  Northman le Dim 21 Fév - 18:54




Sa toiture est la dernière de la "cascade", la plus basse. La galerie extérieure est comme un cloître inversé, puisqu'entre
ses poteaux on voit les paysages environnants de l'église.











Rénovation de la toiture de la galerie extérieure de la stavkirke d'Hopperstad, dont la restauration s'est faite sur le
modèle de Borgund :





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16.12.2016 Amélioration d'un post de ce sujet

Message  Northman le Ven 16 Déc - 18:17


Je ne sais pas si un sujet vieillit comme un bon vin, mais j'ai éprouvé le besoin d'améliorer le post sur Jan Garbarek, dont voici le lien interne :

http://lartcommeonlaime.forumactif.org/t107-norvege-les-stavkirke-eglises-en-bois-debout-et-secondairement-bien-d-autres-aspects-de-ce-magnifique-pays-et-de-sa-culture#1430

J'ai aussi supprimé un lien caduque vers une vidéo You Tube dans le post sur les aurores boréales. Un an après, il peut donc être bon de mettre à jour un sujet, et même de l'améliorer.

Bonnes fêtes de fin d'année à tous, Northman.
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Re: Norvège : Les "stavkirke", églises en "bois debout", et secondairement bien d'autres aspects de ce magnifique pays et de sa culture...

Message  Jean-Yves Amir le Ven 16 Déc - 18:35

cheers Merci Northman pour la "maintenance" de ton grand développement sur les églises norvégiennes. C'est vrai qu'il y aurait dans plusieurs sujets des liens périmés à renouveler, liens youtube en particulier.

Bonnes fêtes de fin d'année à toi, et à tes proches
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Re: Norvège : Les "stavkirke", églises en "bois debout", et secondairement bien d'autres aspects de ce magnifique pays et de sa culture...

Message  Northman le Sam 17 Déc - 11:57



J'ai trouvé un concert sur You Tube où Jan Garbarek joue avec Keith Jarrett, en 1974 :

http://lartcommeonlaime.forumactif.org/t107-norvege-les-stavkirke-eglises-en-bois-debout-et-secondairement-bien-d-autres-aspects-de-ce-magnifique-pays-et-de-sa-culture#1430

C'est le sixième film You Tube de ce post, en partant du haut.

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Re: Norvège : Les "stavkirke", églises en "bois debout", et secondairement bien d'autres aspects de ce magnifique pays et de sa culture...

Message  alainD le Sam 17 Déc - 12:19

ah oui! vu que tu étais repassé ici , Northman, j'ai revisité un peu Jarret et cie, hier,
et j'ai découvert que les nationalités des gars de l' European Quartet sont pas tristes!
pas beaucoup latinos !! Smile

sans doute pour ça qu'on est loin de la salsa Smile
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Re: Norvège : Les "stavkirke", églises en "bois debout", et secondairement bien d'autres aspects de ce magnifique pays et de sa culture...

Message  Northman le Mer 28 Déc - 0:09



Jean-Yves Amir a écrit:cheers Merci Northman pour la "maintenance" de ton grand développement sur les églises norvégiennes. C'est vrai qu'il y aurait dans plusieurs sujets des liens périmés à renouveler, liens youtube en particulier.

Bonnes fêtes de fin d'année à toi, et à tes proches

Maintenance et amélioration. Je reprends actuellement certains posts de sujets que j'ai créés ou auxquels j'ai participé pour les aérer, pour y mettre de meilleures photos ou illustrations, sans pour autant en altérer le contenu et le sens. Souci de la qualité.


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