Norvège : Les "stavkirke", églises en "bois debout", et secondairement bien d'autres aspects de ce magnifique pays et de sa culture...

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Nord, septentrion, septentrional ...

Message  Northman le Ven 15 Jan - 23:08




Synonyme du nord, le septentrion, contrairement à son adjectif septentrional, est peu usité. Il vient des sept étoiles principales
de la constellation de la Grande Ourse qui permet de repérer l'étoile polaire. L'état le plus septentrional des USA, l'Alaska, a choisi
la Grande Ourse et la polaire pour son drapeau :




Le point le plus septentrional de l'Europe continentale n'est pas exactement le cap Nord :






C'est le Knivskjelodden, à l'ouest du Nordkapp. Nordkapphalvøya : La presqu'île du cap Nord. La a final est l'article féminin
postposé, øy est "île", halv seul est " moitié", comme half en anglais.




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Grands itinéraires nordiques

Message  Northman le Sam 16 Jan - 10:40







Si vous ne disposez que de de trois semaines ou un mois, et si vous y allez en voiture, mieux vaut vous concentrer
sur une seule partie de la Norvège. En effet les distances sont considérables, le pays étant très étalé en latitude, et
les vitesses moyennes sont faibles en voiture. Montagnes, contournements de nombreux fjords, nombreuses traversées
par bacs ou ferries. Le Routard, qui fait partie des guides qui nous ont bien rendu service, conseille de ne pas viser
plus de 300 kilomètres par jour.

Nous avions fait le choix de la Norvège de l'ouest, avec les plus beaux fjords, les plus belles stavkirke et Bergen. Le grand
nord du pays est un autre programme, et pour y accéder en arrivant par Copenhague, la route la plus rapide ne passe pas
par la grande longueur de la  Norvège, qui pourtant est étymologiquement le chemin du Nord. Vous pouvez essayer par
exemple avec Google Earth :

Copenhague- Cap Nord :




2 385 km, 25H de route - donc sans les pauses-, passage par la Suède et une petite partie de la Finlande.

Si vous voulez passer par Oslo, c'est 29H de route, 2 574 km, et Google Earth vous rabat quand même
ensuite sur la Suède :





Même en imposant un passage par Trondheim, porte d'entrée du long couloir norvégien qui mène au nord du
pays, Google Earth vous rabat encore ensuite sur la suède. 32 heures de route, 2 728 km :





Trajet sans la Suède en imposant Oslo, Trondheim et Narvik. 35 heures, 2 735 km :




10H de route plus pour 350 km de plus que dans le trajet le plus rapide par la Suède et une petite partie de la Finlande.
On rejoint bien les préconisations du Routard... Le problème ensuite, si vous visez le grand Nord et que vous optez pour
le passage par la Suède, c'est le choix des étapes : Dommage de passer par Stockholm sans visiter cette belle capitale.
Ne pas passer à côté de quelque chose d'important, au sens littéral de l'expression... Oui mais si vous visitez Stockholm
combien de temps y passer ? Et chaque fois se pose la question du temps total de vacances.

Au final, mieux vaut prévoir le plus de temps possible afin de "rentabiliser" tous ces kilomètres et de ne jamais regretter
ensuite de n'avoir pas profité de l'occasion pour visiter Copenhague, Stockholm ... Equilibrer aussi les visites de villes et
le grandiose bain de nature norvégienne... Tromsø à visiter aussi, grande ville du nord de la Norvège, point de départ
des expéditions polaires historiques. Et au nord, l'objectif principal de beauté naturelle époustouflante : Les îles Lofoten.

Un avant-goût des Lofoten, Moskenesøya, avec quelques photos glanées sur Internet :
































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Ja, vi elsker dette landet

Message  Northman le Sam 16 Jan - 23:08




"Oui, nous aimons ce pays". C'est le titre de l'hymne national norvégien, dont je vous propose une belle version, d'abord et avant tout par intérêt culturel : Intéressant de suivre les paroles, déjà pour la prononciation du norvégien. J'ai mis ensuite un premier jet de traduction française, trouvé sur Wikipédia. Nous y reviendrons plus loin...





Premier et septième couplets, habituellement joués, avec le huitième et dernier :

Ja, vi elsker dette landet
som det stiger frem,
furet, værbitt over vannet,
med de tusen hjem.
Elsker, elsker det og tenker
på vår far og mor,
og den saganatt som senker
drømme på vår jord.


"Oui, nous aimons ce pays
Comme il émerge
Érodé par les éléments surgissant de la mer
Avec ses mille foyers
Aime, aime-le et pense
À nos pères et mères
Et cette nuit fantastique qui tombe sur nos terres

...

Norske mann i hus og hytte,
takk din store Gud!
Landet ville han beskytte,
skjønt det mørkt så ut.
Alt hva fedrene har kjempet,
mødrene har grett,
har den Herre stille lempet
så vi vant vår rett.



Norvégien, dans tes maisons et tes cabanes,
Remercie ton grand Dieu !
Il voulait défendre le pays
Même si son avenir semblait sombre
Parce que dieu a vu toutes les batailles des anciens
et les pleurs des mères
il nous a aidé à gagner notre liberté.


Ja, vi elsker dette landet,
som det stiger frem,
furet, værbitt over vannet,
med de tusen hjem.
Og som fedres kamp har hevet
det av nød til seir,
også vi, når det blir krevet,
for dets fred slår leir.



Oui, nous aimons ce pays
Comme il émerge
Érodé par les éléments surgissant de la mer
Avec ses mille foyers.
Et comme lors des batailles de nos pères qui tirèrent
Dont les victoires sortirent le pays de la misère,
Aussi, s'il est nécessaire
Nous rejoignons nos bataillons pour le bien du pays."


Je reprends donc plus loin au moins pour une analyse approfondie du premier couplet.




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Re: Norvège : Les "stavkirke", églises en "bois debout", et secondairement bien d'autres aspects de ce magnifique pays et de sa culture...

Message  Jean-Yves Amir le Dim 17 Jan - 19:10

Je comprends, mon ami, que tu rêves de ces lointaines contrées nordiques. Mais je pense qu'avant de te lancer dans un tel périple tu devrais mieux documenter ton projet et compléter tes connaissances géographiques.

Northman a écrit:
Le point le plus septentrional de l'Europe continentale n'est pas exactement le cap Nord
Non, car, comme le montrent les cartes suivantes, au nord de la Norvège il y a bien un continent nommé Septentrio. C'est une vaste terre encore mal connue et pleine de dangers...



Comme tu peux voir, pour atteindre le pôle, cette île au centre de Septentrio, la route est longue!





Toutes ces cartes le prouvent, Septentrio se trouve au delà de la Mare Gelatum.
Voici une vue à plus petite échelle de ces territoires :



Et pour t'aider à mieux tracer ton itinéraire:





Very Happy
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Re: Norvège : Les "stavkirke", églises en "bois debout", et secondairement bien d'autres aspects de ce magnifique pays et de sa culture...

Message  Northman le Dim 17 Jan - 22:01

Jean-Yves Amir a écrit:
Northman a écrit:
Le point le plus septentrional de l'Europe continentale n'est pas exactement le cap Nord
Non, car, comme le montrent les cartes suivantes, au nord de la Norvège il y a bien un continent nommé Septentrio.


Il est désormais appelé Octentrio, car :





Jean-Yves Amir a écrit:C'est une vaste terre encore mal connue et pleine de dangers...

Toutes ces cartes le prouvent, Septentrio se trouve au delà de la Mare Gelatum.
Very Happy

D'où l'expression "pagayer dans la gélatine"...  What a Face

Ils ont fait mieux :

https://blogs.mediapart.fr/corinne-n/blog/270413/le-piege-blanc

Blague à part, de quelle période date toute cette cartographie, Jean-Yves ?
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Re: Norvège : Les "stavkirke", églises en "bois debout", et secondairement bien d'autres aspects de ce magnifique pays et de sa culture...

Message  Jean-Yves Amir le Lun 18 Jan - 20:53

Northman a écrit:
Blague à part, de quelle période date toute cette cartographie, Jean-Yves ?

Nous en avions parlé, je ne saurais dire pourquoi, mais j'aime bien les cartes anciennes.
J'ai pris ces photos sur un gros bouquin intitulé "Dessiner le monde, histoire de la cartographie du 14ème siècle à 1914".
Mais on doit pouvoir les retrouver sur le net.
La première ci-dessus est un détail de la carte du monde de Laferi, qui, je cite: "s'appuie sur une carte de 1550 d'Antonio Salamanca, elle même établie sur une carte de 1538 de Mercator"

La 2 et la 3 font partie de l'atlas de Mercator édité en 1595-97.

La 4 est une carte d'Ortelius, pas de date sur le bouquin mais ce doit être à peu près la même époque.

La carte de la photo 5 (Avec détail en 6) provient de l'Atlas d'Agnese qui date de 1543-46.

Bref! 16ème siècle!

Quand à ta video de randonnée en kayak dans des eaux en train de geler, c'est de la folie!
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Ja, vi elsker dette landet, suite

Message  Northman le Lun 18 Jan - 22:55





       


Nous allons essayer décortiquer le premier couplet que j'aime beaucoup, C'est un véritable tableau poétique, inattendu pour un hymne national, si on le compare au nôtre qui attaque dur dès le premier mot, nous fait sauter du lit avec un dynamique "Allons !" et nous mobilise d'emblée, étendard au vent, pour une guerre sanglante de défense la patrie.


Ja, vi elsker dette landet
som det stiger frem,
furet, værbitt over vannet,
med de tusen hjem.
Elsker, elsker det og tenker
på vår far og mor,
og den saganatt som senker
drømme på vår jord.


Ja, vi elsker dette landet

"Oui, nous aimons ce pays." L'hymne national commence par un oui et une véritable déclaration d'amour. Avec le verbe eslke c'est un amour fort :

http://www.dict.com/?t=no&set=_frno&w=elsker

C'est donc un love plutôt qu'un like, un "aimer" plutôt qu'un "aimer bien".

som det stiger frem,

Le verbe stige, c'est monter, augmenter, s'accroître, mais aussi entrer. Le sens de ce verbe est surtout précisé par l'adverbe frem. Les deux associés donnent une puissante idée de mouvement vers le haut et vers l'avant. "As it rises forth", me semble être une meilleure traduction que "comme il émerge" mais l'équivalent français ne me vient pas à l'esprit pour le moment... A la fois se (re)dresser et aller de l'avant...

furet, værbitt,

Furet, værbitt est traduit rugged, weathered en anglais. On a une érosion mécanique de type rabotage dans furet, ce qui fait penser à l'érosion glacière, et l'érosion par la pluie et le vent, par les intempéries, dans værbitt. La traduction française "érodé par les éléments" recouvre bien cela, mais on perd en précision et en images. "Erodé par les glaciers, la pluie et les vents" serait plus long mais plus juste et plus imagé. Mais connaissait on les glaciations, les vallées glacières en "u" et l'érosion glacière en 1859 et 1866 , période de création de cet hymne ?

Il doit y avoir une double lecture possible, une littérale, physique, naturelle, et une l'autre symbolique, au niveau de l'histoire d'un pays qui a été "labouré", s'est pris des tempêtes, mais s'est redressé. Le parallèle est puissant.

Vous aurez noté au passage la prononciation de la lettre norvégienne æ, proche de notre "ê", mais tirant un peu sur notre "a".

...over vannet :

Au-dessus de la mer. Plutôt au-dessus des eaux :

http://no.thefreedictionary.com/Vann

Effectivement l'idée d'une montée, d'un redressement au-dessus de la mer pourrait être traduite par une émersion. Mais on perd quelque chose. "Comme il émerge érodé par les éléments surgissant de la mer" me parle moins que " Comme il se dresse, labouré par les éléments, battu par les vents et les pluies, au-dessus des eaux." Dans la lecture symbolique l'eau et la mer renvoient à des peurs, représentées par des monstres marins sur les cartes anciennes. Les montagnes les dominent...

med de tusen hjem.

"Avec ses milliers de maisons/foyers." L'être humain apparaît maintenant dans le paysage. Les maisons le parsèment et complètent ce magnifique tableau. Vous avez remarqué en écoutant l'hymne chanté que contrairement aux Anglais, les Norvégiens sont loin d'être fâchés avec le son "u", le "u" de notre "futur" par exemple. Les Allemands ont aussi le ü, mais leur u est notre "ou". Par contre les Anglais, qui ont tant de mal à dire "urluberlu", ont conservé le fameux th au début de thousand, alors que les Norvégiens l'ont perdu dans tusen. Encore une fois pour les Islandais, plus proches du vieux norrois, mille est þúsund... à écouter ici :

http://fr.forvo.com/search/%c3%be%c3%basund/

Hjem : Nous sommes habitués à la prononciation norvégienne du j avec le mot fjord. Voici la prononciation de hjem :

http://no.thefreedictionary.com/hjem

Hjem est issu du vieux norrois heimr. Heim est aussi la maison en islandais actuel. On retrouve cette même racine dans le home ( sweet home  Smile ) anglais... Et dans des noms de villes allemandes comme Mannheim ou norvégiennes comme Trondheim.

Elsker, elsker det og tenker ...

Aime, aime le, et pense ... Ou aimons, aimons et pensons ? En tout cas, trois fois le verbe aimer dans ce premier couplet ! C'est l'amour, pas la guerre... au moins au début. L'amour du pays est donc mis en exergue dans cet hymne national. Elsker est le verbe aimer conjugué au présent, et c'est la même forme à toutes les personnes, y compris la troisième du singulier. A l'impératif ce serai elsk. Pour la prononciation, particulièrement celle du -er final, on a la même que dans le nom "amant" :

http://no.thefreedictionary.com/elsker

Det est un pronom personnel, "le", mis pour landet. Og est la conjonction "et" :

http://no.thefreedictionary.com/og

Tenker, c'est le verbe penser au présent. Å tenke à l'infinitif, "penser". Issu du vieux norrois þekkja. Nous vient à l'esprit l'anglais to think, penser, avec le th conservé, alors qu'il a disparu en norvégien... la routine ...  Very Happy

på vår far og mor,

: Dans tenker på, pense à. Ou pensons à ?

http://no.thefreedictionary.com/p%C3%A5

Pense, pensons (?) à nos pères et mères. On ouvre maintenant la porte des ancêtres, de l'histoire familiale, et plus largement de celle du pays. Chez nous le nom patrie est féminin, mais son étymologie est patriarcale, latin pater. Ici, on pense aux pères et aux mères. Faðir et móðir en islandais contemporain. Encore une fois le ð a sauté en norvégien contemporain mais les Anglais l'ont conservé sous la forme du th de father et mother. Attention à la prononciation du "o" de mor. Comme celui de bok ou de bokmål :

http://no.thefreedictionary.com/mor

Les å de et vår sont plus proches ne notre "ô" alors que le o de mor est plus proche de notre "ou".

og den saganatt

Wikipédia traduit par "et cette nuit fantastique". La traduction anglaise vue plus haut conserve le mot "saga", avec and the saga night. Il est dommage de perdre ce mot, si chargé de sens en Scandinavie, dans la traduction française.

"C'est en Islande, vers les XIIe-XIIIe siècles, que sont nées les littératures nordiques dans leur ensemble. Les grandes mythologies, les sagas, l'extraordinaire poésie skaldique ont été écrites en islandais. On explique en partie ce miracle islandais par le mélange des cultures, scandinave et celte, de ses premiers habitants, en 874. Aujourd'hui, l'islandais est le latin du suédois, du danois et du norvégien."

Régis Boyer,

http://www.lexpress.fr/culture/livre/regis-boyer-les-scandinaves-pratiquent-l-art-de-conter_973441.html


Voici Þat Mælti Mín Móðir un poème chanté en vieux norrois, et pour la prononciation du ð et du þ, Brennið þið vitar, chanson de marins en islandais:


     


"Selon Régis Boyer : « On appelle saga un récit en prose, toujours en prose, ce point est capital, rapportant la vie et les faits et gestes d'un personnage, digne de mémoire pour diverses raisons, depuis sa naissance jusqu'à sa mort, en n'omettant ni ses ancêtres ni ses descendants s'ils ont quelque importance ». Notons encore qu'une saga n'est qu'extrêmement rarement une légende ou un conte. Le mot vient du verbe segja, « conter », « raconter » (comparer avec l'allemand sagen ou l'anglais to say). L'auteur de sagas, souvent anonyme, est un sagnamaðr (pluriel sagnamenn)."

https://fr.wikipedia.org/wiki/Saga

Au vu de ces précisions d'un éminent spécialiste, la traduction de saganatt par "nuit fantastique" n'est pas judicieuse. Ce serait plutôt une nuit qui va elle même être une saga, et/ou une nuit au cours de laquelle une saga va nous être contée, celle de l'histoire de "nos pères et mères", de ces ancêtres norvégiens auxquels il faut penser. La saga de l'histoire du pays, qui va se décliner dans les cinq couplets suivants, habituellement non chantés. Une histoire réelle, donc pas (ou peu) de légendes ou de contes. De ce point de vue "fantastique" ne colle pas car pouvant porter à confusion. La nuit sera fantastique si formidable, mais pas fantastique au sens irrationnel.

og den saganatt som senker drømme på vår jord.

Senker est un verbe conjugué au présent. Å Senke, baisser, enfoncer, déprimer, abaisser. To sink en anglais, couler, sombrer. Senker, à la fin de ce couplet est en opposition avec le stiger frem du début. Un mouvement descendant qui s'oppose à un mouvement d'ascension et d'avancée, comme la tombée de la nuit s'oppose au lever du jour, comme la méditation s'oppose à l'action.


Drøm est le rêve, nom masculin en norvégien. A rapprocher évidemment du dream anglais ou du traum allemand. Les rêves : Drømene. Å drømme est le verbe rêver.

"Et la nuit de saga qui fait descendre les rêves sur notre terre"  serait une traduction assez proche.

Ce premier couplet nous fait passer, en deux ou trois coups de pinceau poétique de maître, de la géographie à l'histoire , en nous emmenant  des paysages grandioses à l'intérieur des maisons, où nous allons passer une partie de la nuit à écouter la saga de l'histoire du pays, dans une atmosphère propice à la réflexion, à la méditation et au rêve.

La nuit en Norvège, ça n'est pas rien. Au nord du cercle polaire en hiver, la nuit polaire, durant laquelle le soleil ne se lève plus du tout pendant plusieurs semaines. Au sud de la Norvège les jours hivernaux sont très courts et peu lumineux : le soleil se lève tard et se couche tôt, ne monte pas haut au-dessus de l'horizon sud. La nuit nordique offre cependant de magnifiques cadeaux lumineux, des cadeaux de rêve qui descendent du ciel :







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Essai de classification des stavkirke d'après le premier coup d'œil extérieur, la première impression

Message  Northman le Ven 22 Jan - 11:11





Pour commencer, la mosaïque de photos des 28 stavkirke norvégiennes, grosso modo du sud au nord et d'ouest en est :








Eidsborg, Heddal, Høyjord, Røldal, Flesberg, Gol, Rollag, Nore, Uvdal, Hedal, Torpo, Reinli, Hopperstad, Undredal, Kaupanger, Urnes,  Borgund, Øye, Høre, Lomen, Hegge, Garmo, Ringebu, Lom,
Rødven, Kvernes, Grip et Haltdalen :   
             












Hautes, grandes, élancées, majestueuses, harmonieuses, originelles, très impressionnantes, dépaysantes, faisant penser à des pagodes avec leurs cascades de toitures, ce quartet de stavkirke
s'impose immédiatement au regard dans la mosaïque symphonique des vingt-huit : Je trouve que Borgund, la mieux préservée, pourrait aurait comme Urnes sa place au Patrimoine Mondial de
l'Unesco. Borgund, Heddal, Gol et Hopperstad :







Urnes est aussi originelle et harmonieuse, mais plus sobre, avec moins de cascades de toitures :







Plus "ramassée", moins élancée, mais belle et originelle aussi, Eidsborg viendrait aussi peu après
le quartet de tête :







Reinli et surtout Øye choquent le regard. Dysharmonieuses, elles semblent avoir été coupées du ciel, amputées de leurs flèches d'origine. Il faudra vérifier :







Parmi les mini-stavkirke, Undredal et Grip sont totalement éloignées, non seulement par leur taille, mais aussi par leurs styles, du quartet des reines :







Mais une des "mini" est beaucoup plus originelle, Haltdalen :







Enlevons ces stavkirke de notre mosaïque et voyons celles qui restent :










Un point commun important entre toutes ces stavkirke restantes : Des remaniements subis au cours des siècles, qui ont plus ou moins fortement altéré leur caractère originel. Les plus frappants
sont des flèches de styles ultérieurs, bien différentes de celles de nos quatre reines, d'Urnes ou d'Eisborg, et les fenêtres qui jureraient beaucoup moins sur de simples maisons. Des matériaux de
couverture - parfois même de la tuile mécanique- très éloignés des bardeaux de bois originels. On peut établir plusieurs sous-groupes :

Malgré des flèches ultérieures qui parfois jurent franchement, et/ou malgré les fenêtres, Hedal, Røldal, Torpo, Kaupanger, Høre, Ringebu et Lom ont conservé une part de leur caractère originel. Il
y a quand-même un effet de cascade de toits. Aussi, des extensions latérales -transepts- pour Hedal, Ringebu et Lom :   








Là l'altération due aux remaniements et/ou l'éloignement du style des quatre reines, d'Urnes ou d'Eidsborg deviennent considérables. Ce sont aussi des stavkirke sans toitures
de bas-côtés, ce qui les différencie d'emblée des grandes : Pas d'effet de cascade de toits. Lomen, Hegge, Rødven, Flesberg et Kvernes. Flesberg comporte un long "transept" :










Pas de bas-côtés avec les toitures correspondantes, ce qui donne pour les trois dernières un effet de grande hauteur des parois verticales par rapport aux hauteurs des toitures
Extensions latérales, transepts. Garmo, Rollag, Nore, Uvdal :   






Enfin je trouve qu' Høyjord est à part, avec des volumes de proportions différentes de celles autres stavkirke :







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Flèches

Message  Northman le Dim 24 Jan - 17:18






On a vu que les flèches sont très importantes dans l'harmonie d'ensemble des stavkirke. Sur les quatre "reines", Borgund (photos 1-2-3-4-5-6), Hopperstad (7-8 ), Gol (9-10) et Heddal (11-12),
elles ont trois niveaux de toitures, deux pour Heddal - au style différent-, formant ainsi le début de la "cascade" de toits qui produit ce splendide effet pagode :





   

     

     

     

     

       


Eidsborg, une stavkirke plus petite,  moins élancée,  cascade moins vertigineuse, deux toiture de flèche :


       


Urnes : La flèche est très différente de celles de Borgund, Opperstad et Gol. Probablement pas le style d'origine :


      



Borgund est donc la stavkirke la mieux préservée. Détails de sa flèche avec sa tourelle chevauchante, son lanterneau et son pinacle :



      


       




Ringebu : La tour-beffroi et la flèche de la stavkirke ne sont certainement pas d'origine, ni dans le style d'origine. On les remarque à peine ! Contraste moderne-ancien ... hésitant ?   Very Happy

Cette église est datée autour de 1220 et sa tour-flèche rouge a été posée au XVIIème siècle.

Source : http://www.lonelyplanet.com/norway/ringebu/sights/religious/ringebu-stave-church

En 1631 plus précisément. L'église a été agrandie en 1630 selon un plan cruciforme : https://en.wikipedia.org/wiki/Ringebu_Stave_Church 



        


                                                   
                                                                    







Mais revenons à Borgund : " C'est la stavkirke la mieux conservée de toute la Scandinavie, au point qu'elle a servi de modèle pour la restauration d'autres églises (Gol, Hopperstad, Fortun, par exemple). Elle n'a en effet subi aucune modification depuis la Réforme, ce qui est rare ...  L'examen de l'architecture et du décor permet de dater la stavkirke des deux dernières décennies du XIIe siècle.  La dendrochronologie le confirme : les arbres utilisés ont été abattus au cours de l'hiver 1180 – 1181."   http://jalladeauj.fr/claveyrolasstavk/styled/index.html   



Une datation à l'année près de l'abattage des arbres. Fascinant ! Dans le prochain post, nous ferons une sympathique petite incursion dans le domaine de la dendrochronologie. Le bois, encore le bois !




         





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La dendrochronologie ou l'art de faire parler les arbres

Message  Northman le Lun 25 Jan - 16:59





Extraits de l'article d'Erhard Pressler traduit par Sophie Engelmarie et Ulysse Louis :


http://sauvegardeartfrancais.fr/documents_presse/monument-sites-eure-dendroN151-juin14.pdf



"Cette technique, relativement récente pour la France, jusqu'alors réservée au cercle des archéologues, universitaires et autres spécialistes, commence à intéresser le grand public... Ce qui est rare en France ne l'est pas en Allemagne où cette discipline voit de nombreux développements...


Les cernes annuels comme balises de la datation des monuments :


La dendrochronologie, méthode scientifique de datation du bois, utilise le fait que les arbres forment des cernes annuels plus ou moins marqués d'une année sur l'autre. Leur séquence contient le bilan écologique de toute la vie d'un arbre. Des facteurs individuels et locaux ainsi que des influences supra régionales se répercutent sur leur croissance. Dans des conditions favorables se forme un large cerne, dans des conditions défavorables, un cerne mince. Ainsi est créée une "empreinte digitale" propre à chaque arbre. En comparant plusieurs chronologies individuelles, les influences supra régionales sont dominantes. D'où, pour la plupart des arbres, la présence d'un schéma récurrent plus ou moins fortement marqué. Léonard de Vinci avait déjà fait cette observation.

L'Américain A.E. Douglass fut le premier, à la fin du XIXe siècle, à développer le procédé de la dendrochronologie. reprise en Allemagne, la méthode a été introduite par le botaniste forestier Bruno Huber, de Munich, dans les années quarante du XXe siècle. De ce travail résultèrent les premières séries dendrochronologiques pour le sud de l'Allemagne. La datation du bois d'une construction présuppose l'existence d'un échantillon déjà daté provenant de la région, corrélativement de la même zone climatique et de la même essence. Quand chaque échantillon montre une croissance propre trop marquée, un essai de datation est peu prometteur. Certes la datation peut réussir avec un unique échantillon de comparaison, mais seule est fiable une chronologie établie à partir d'une pluralité d'échantillons; une courbe régionale basée sur des moyennes arithmétiques offre une séquence chronologique débarrassée de composantes individuelles. Grâce à celle-ci, les essais de datation sont alors rationnels et suffisamment prometteurs de succès.


Carottage et exemple de courbe régionale de référence ( en gras sur le graphique) :                                                                                              


                       


Les laboratoires européens de dendrochronologie disposent d'une quantité de telles chronologies pour diverses essences et couvrent un temps qui remonte à environ 12 000 ans."


                                                                                  Principe du carottage avec une mèche de perceuse spéciale, une mèche creuse :


                                                 





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