Une vie de statue (Paris, place de la République)

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Message  Jean-Yves Amir le Dim 16 Avr - 11:21

Northman a écrit:
Jean-Yves c'est toi qui a pris le risque d'entrer sur le terrain politique en passant une vidéo de Jean-Luc Mélenchon, soutenu par le Parti Communiste.

En le revisitant, je me dis que je l'aime bien ce sujet sur la statue de la République ! Very Happy

Depuis le début il est politique! On y voit les chaussures du Pape François, les concerts de Nuit Debout et De Gaulle lançant la constitution de la Vème République, Obama et Hollande déposant des fleurs après l'attentat du 13 novembre 2015, la foule se protégeant des tirs de snippers à la Libération, une manifestation pro Palestinienne, Mélenchon tenant meeting et saluant la statue...

Je suis un homme honnête, Northman, et je t'accorde qu'avec Mélenchon j'ai poussé le bouchon un peu loin. Sur le coup, je ne m'en suis pas rendu compte : il venait à la suite d'autres événements de l'actualité qui se déroulaient aux pieds de la statue et que je mêlais à des événements historiques plus anciens. Je n'ai pas assez réalisé qu'il prenait une dimension particulière du fait de la campagne électorale. J'ai failli le supprimer mais la discussion était lancée, tu avais commencé à répondre... Et puis ce discours de Mélenchon tombait tellement juste par rapport à la réflexion qui sous-tend ce sujet!

Car, en profondeur, il vise au-delà - ou en deçà, comment vaut-il mieux dire? - du politique.
Je m'en suis rendu compte au fur et à mesure de son avancement : tandis que tout ce petit monde s'agite à ses pieds, la statue de Marianne se dresse comme une permanence.
Mais elle pose avec insistance ces questions essentielles à tous les citoyens de notre pays: "Que faites-vous de votre République? Que faites-vous de ces trois mots, de ce beau triptyque que vous inscrivez sur les frontons de vos mairies et de vos écoles et que vous imprimez sur vos papiers administratifs? Liberté dites-vous?  Egalité dites-vous? Fraternité dites-vous? Etes vous bien certains d'assumer pleinement les sens de ces trois mots?"

Une vie de statue (Paris, place de la République) - Page 5 B_1_q_10

"N'avez vous pas trop souvent tendance à les oublier? A en faire bon marché? Parfois même à les brader? "
"Je ne veux pas être pour vous qu'un décor qu'on ressort à chaque 14 juillet ! Je ne veux pas être seulement un mémorial au pied duquel vous déposez vos bougies quand vous avez à pleurer les victimes d'un attentat!"

"Je veux être dignement et pleinement la République ! Pas une statue de carnaval!"

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Message  Jean-Yves Amir le Mer 19 Avr - 20:39

Toujours au pied de la statue, aujourd'hui.

De gros blocs de béton ont été disposés tout autour afin de parer à un éventuel attentat.



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Message  alain le Dim 23 Juil - 9:32

je viens de trouver une autre version 3D , faite il y a 2 ans





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Message  alain le Sam 2 Fév - 20:33

album de famille, ce 2 février 2019

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Message  alain le Sam 2 Fév - 21:08

si ça intéresse quelqu'un je peux en faire un court montage video

https://www.youtube.com/watch?v=GEciyHnU8E8

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Message  Jean-Yves Amir le Dim 3 Fév - 10:22

Capture d'écran de la vidéo ci-dessus.
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Symboliquement, c'est quand même dingue - honteux - ces images de répression policière au pied de la statue de la République. Que font-ils de mal, ces gens réunis place de la République? Ils cassent des vitrines, ils brûlent des voitures? Quelle est l'urgence à les évacuer?

Alain, si tu veux faire un montage video, ce serait intéressant de mixer ces images avec l'interview de Jérôme Rodrigues hier, où il dit "Ce n'est pas la République telle qu'on me l'a apprise à l'école quand j'étais enfant". Quelque chose comme ça, j'ai trouvé très bien....
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Message  alain le Dim 3 Fév - 13:25



par ailleurs,

Monsieur Christophe Dittinger n'a pas dû apprendre, non plus, les mêmes valeurs républicaines
que celles proférées par Macron:

"Le boxeur, la vidéo qu'il fait avant de se rendre,
il a été briefé par un avocat d'extrême gauche.
Ça se voit ! Le type, il n'a pas les mots d'un gitan.
Il n'a pas les mots d'un boxeur gitan".

Je suis abasourdi qu'il n'y ait pas eu encore plainte contre lui pour discrimination.

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Message  alain le Lun 4 Fév - 11:18

je l'ai sculptée




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Message  Jean-Yves Amir le Jeu 7 Fév - 21:40

alain a écrit:
"Le boxeur, la vidéo qu'il fait avant de se rendre,
il a été briefé par un avocat d'extrême gauche.
Ça se voit ! Le type, il n'a pas les mots d'un gitan.
Il n'a pas les mots d'un boxeur gitan".

Je suis abasourdi qu'il n'y ait pas eu encore plainte contre lui pour discrimination.

Moi aussi



La langue des Gitans et le président Macron

Le 7 février 2019   Par Ilsen About

Le Président de la République, Emmanuel Macron, a laissé entendre que les "mots d'un Gitan" ne pouvaient affirmer, de manière élaborée, la colère sociale. Il a suggéré que ces mots ne pouvaient être autre chose qu'une usurpation. La "langue des Gitans" est-elle vraiment une langue à part ?
 

« Comment les Gitans parlent-ils ? » La question se pose après l’entretien que le Président de la République a donné au journal Le Point. Voici ce qu’il explique à propos de la vidéo où Christophe Dettinger s’adresse au public, peu avant sa reddition aux autorités : « […] Le boxeur, la vidéo qu’il fait avant de se rendre, il a été briefé par un avocat d’extrême gauche. Ça se voit ! Le type, il n’a pas les mots d’un Gitan. Il n’a pas les mots d’un boxeur gitan ». La condescendance du propos est affligeante. Mais elle interroge aussi les idées reçues et les préjugés tenaces qui s’accrochent à ces phrases, comme l'a évoqué Jacques Debot dans Libération. Les « Gitans » ne pourraient-ils pas s’exprimer sans l’aide d’un avocat ou d’un conseiller en communication ? On retrouve ici l’imagé éculée qui s’attache à tous ceux que l’on regroupe sous des termes équivalents, les « Gitans », les « Gens du Voyage », les « Roms », sans toujours savoir de qui il est question : ils appartiendraient à un monde replié sur lui-même, séparé de la société dite majoritaire par une culture et un mode de vie à part, et ils parleraient donc un langage qui s’attacherait à leur état subalterne. Le Président de la République tente ici de remettre en question la probité d’un citoyen mais aussi sa légitimité à s’exprimer en son nom : ses paroles seraient celles d’un autre, il usurperait la parole publique, il emploierait une langue qui n’est pas la sienne. La stratégie à l’œuvre, bien courante, consiste à contester la nature d’une prise de parole pour mieux en écarter le contenu. Mais derrière cet argument pointe une autre stratégie : les « Gitans », qui se révoltent et affirment un sentiment d’injustice, sont-ils, dans leur ensemble, légitimes à prendre la parole ? Leur supposée position minoritaire et leur nature « ethnique » à part ne devraient-elles pas les résoudre au silence ? Ne devraient-ils pas demeurer dans le seul espace social enclavé que leur langue rudimentaire les autoriserait à habiter ?

Mon propos n’est pas ici de défendre les actes ou la prise de parole de Monsieur Dettinger mais de souligner comment son identité a été mobilisée pour abaisser sa dignité de manifestant et dégrader la valeur de sa citoyenneté.

Le mot a circulé rapidement : l’auteur de coups de poing n’était pas seulement un ex-boxeur professionnel mais aussi un « Gitan » et son surnom s’est répandu comme une trainée de poudre sans qu’aucune précaution ne soit jamais posée : le « Gitan de Massy ». Les réserves éthiques des journalistes, le respect républicain du personnel politique et des commentateurs à l’égard des appartenances ethniques ou religieuses, tout à coup, ne pèsent plus grand chose. Qualifier un manifestant ou l’auteur d’un fait-divers en évoquant sa religion ou son origine supposée suscite habituellement des réactions violentes et justifiées. Mais une minorité conserve désormais ce triste privilège de voir ses origines mentionnées à la moindre occasion : « Gitans », « Gens du Voyage », « Roms » se trouvent ainsi fréquemment désignés en invoquant leur soi-disant origine, toujours pour souligner une condition aggravante. Ainsi l’auteur des coups ne serait pas seulement une personne violente, habituée aux sports de combat, il serait de surcroît membre de cette communauté rattachée à une longue histoire de la délinquance, de l’insécurité ou de l’illégalité. On laisse supposer que cette appartenance serait peut-être une des causes de ses actes et ajouterait une valeur négative qui justifierait les soupçons autour de sa parole publique.

L’argument porté par le Président suggère un autre trait qui accentue la disqualification. La « langue des Gitans » ne pourrait être celle d’un raisonnement élaboré, l’expression de la colère sociale, la voix du peuple. Elle n’en aurait pas la capacité, ni l’autorité, ni le caractère « national ». Il faudrait de longues pages pour rappeler ici l’ancienneté historique sur le sol français de ceux que l’on appelle les « Gitans » et qui appartiennent à la sphère linguistique du romanès, la langue romani : les capitaines égyptiens au service des seigneurs de l’Ancien Régime, les Bohémiens et Bohémiennes qui peuplaient les villes et les campagnes et qui ont laissé tant de traces dans la topographie de la France et dans les archives, les Calé appelés « Gitans », qui parlaient le caló dans le sud de la France et dont certains aujourd’hui parlent une forme rare du catalan, les Manouches ou Sinti de toutes les régions qui parlent encore la langue de leurs ancêtres, les Sinti piémontais notamment qui formèrent les grandes compagnies de cirque du 20e siècle et parlaient un dialecte particulier, les Roms d’Europe centrale et orientale qui arrivèrent par vagues à partir du 19e siècle et qui parlent de multiples dialectes, notamment le kaldérash, auxquels il faut ajouter tous les Yénishes du Centre et de l’Est, qui ont absorbé, il y a longtemps, une partie du lexique romani, et aujourd’hui les centaines de milliers de Voyageurs, itinérants ou sédentaires, qui s’expriment dans les langues du Voyage dont les variantes sont aussi nombreuses que les régions françaises.


Il y a une certaine émotion à évoquer la présence de la langue romani en France et tous ses parlers qui subsistent encore aujourd’hui. Il faudra raconter un jour combien cette langue a été ignorée par les savants, sauf une poignée d’entre eux. Comment elle est restée si peu enseignée que les enseignants de romani aujourd’hui en France se comptent sur les doigts d’une seule main. Comment elle a été occultée par les pouvoirs publics malgré l’adoption en 1992 de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, qui n’a toujours pas été ratifiée par la France car jugée, par le Conseil constitutionnel, incompatible avec les principes de la Constitution.

Alors, « comment les Gitans parlent-ils » ? Ils parlent d’abord le français, la langue de leur pays, ni plus ni moins que tout le reste de la population. Mais ils sont aussi les locuteurs d’une des langues de France, le romani, une langue de tous les jours, mais aussi une langue de l’écrit et de la poésie, la langue d’auteurs méconnus, une langue de la chanson, de la joie ou de la mélancolie, une langue à la fois politique et magnifique comme toutes les langues, une langue qui plonge dans l’histoire de l’Orient, de la Méditerranée et de l’Europe, une langue qui a laissé des traces dans le français et pas seulement dans l’argot, une langue qui a raconté les souffrances de la Seconde Guerre mondiale, et qui aujourd’hui parle de la vie quotidienne dans un pays qui n’a aboli qu’en 2017 la loi discriminatoire de 1969, héritière de l’autre loi de 1912, de sinistre mémoire, qui instaura le « carnet anthropométrique des nomades ». C’est aussi une langue qui peut être indifférente au mépris, une langue qui se parle dans les maisons ou les caravanes, qui se parle dans les familles, avec les amis et les voisins, et avec tous ceux qui ne prétendent pas savoir « comment parlent les Gitans ».


Source : https://blogs.mediapart.fr/833068/blog/070219/la-langue-des-gitans-et-le-president-macron

Ilsen About est chercheur au CNRS et historien, membre du Centre Georg Simmel, CNRS-EHESS. Ses travaux portent sur l'histoire des mondes romani à l'époque contemporaine. Il est l'auteur, avec Vincent Denis, d'une Histoire de l’identification des personnes (La Découverte, 2010) et a co-dirigé les ouvrages Présences tsiganes. Enquêtes et expériences dans les archives (avec Marc Bordigoni, Le Cavalier Bleu, 2018) et Mondes tsiganes. Une histoire photographique, 1860-1980 (avec Adèle Sutre et Mathieu Pernot, Actes Sud, 2018)

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Message  alain le Jeu 7 Fév - 21:59

oui c'est horrible,
ce monsieur
Jacques Debot  
écrivain tsigane —  avait eu sa tribune dans Libé

4 février 2019 à 15:20


mais bien relayée sur facebook


Après les propos d'Emmanuel Macron sur le boxeur gilet jaune, Christophe Dettinger, l’écrivain Jacques Debot pointe la méconnaissance récurrente de la culture tsigane au plus haut sommet de l’Etat.

 
Debot a écrit: Est-ce ainsi que les gitans nous parlent ?

Tribune. Président de la République ou ministres, les responsables au sommet de l’Etat ne devraient aborder la question tsigane qu’avec d’infinies précautions. Le discours de Grenoble prononcé par Nicolas Sarkozy en juillet 2010, la gestion calamiteuse de «l’affaire Leonarda» par François Hollande en octobre 2013, les stupéfiantes déclarations de Manuel Valls la même année au sujet de «la culture des Roms» décrétée incompatible avec la culture française, les récents propos du président Macron quant au «parler gitan» du boxeur à gilet jaune, Christophe Dettinger, ont mis le feu aux réseaux sociaux, provoqué des avalanches de commentaires et de réactions passionnées.

Il semblerait que malgré ces sorties désastreuses et les turbulences politiques ainsi occasionnées, aucun bilan, aucun retour d’expérience ne soit jamais pris en compte. Mal conseillés, mal documentés, nos dirigeants persistent à parler de manière irréfléchie des Tsiganes, qu’il s’agisse des Roms venus d’Europe centrale ou des citoyens français, Gitans, Manouches ou Yéniches.

Les propos d’Emmanuel Macron, tels qu’ils ont été relatés par la presse, et non démentis par l’Elysée seraient les suivants : «Le boxeur, la vidéo qu’il fait avant de se rendre, il a été briefé par un avocat d’extrême gauche. Ça se voit ! Le type, il n’a pas les mots d’un Gitan. Il n’a pas les mots d’un boxeur gitan.» De quoi parle le président de la République quand il évoque un «parler gitan» ? En France il reste des bribes, des traces, des lexiques parfois de quelques dizaines ou centaines de mots selon les régions, selon les familles, du romanès, la langue indo-aryenne originaire de l’Inde du Nord. Néanmoins, on rencontre encore (assez rarement) des familles où les locuteurs ne s’expriment entre eux que dans cette langue. Les Roms venus d’Europe centrale, bons locuteurs du romanès, nous amènent depuis quelques années à régénérer notre héritage linguistique.
Le «parler gitan» s’emploie dans l’intimité

Comme les patois régionaux, les «parlers gitans, manouches ou yéniches» sont employés dans l’intimité, en famille. Au-delà du cercle familial, comme le pratiquent les Français d’origine italienne, espagnole, portugaise ou maghrébine, on parle français, tout simplement. Il n’y a donc absolument rien d’étonnant, ni calcul ni manipulation en coulisse au fait que Christophe Dettinger, qui est peut-être tsigane, comme d’autres se reconnaissent auvergnats, provençaux, picards ou lorrains, se soit exprimé en français courant lors de son allocution enregistrée en vidéo et publiée sur sa page Facebook.

Nous ne commenterons pas dans le cadre de cette tribune les faits qui ont conduit Christophe Dettinger en détention préventive. Le procès se tiendra maintenant dans quelques jours et depuis le 5 janvier, on a pu voir paraître sur les réseaux, dans la presse, toutes les opinions possibles, des milliers de soutiens, des tombereaux d’insultes, des kilomètres d’analyses et nos propres mots n’ajouteraient absolument rien. Laissons la justice travailler en toute sérénité.

Quand des Tsiganes sont au cœur d’un événement, les répercussions médiatiques sont immédiates et violentes. Les 400 000 Tsiganes français se retrouvent aussitôt dans la tourmente, mais cette fois encore, les autorités n’ont pas d’interlocuteur. En Allemagne, où ne vivent pourtant qu’un peu plus de 100 000 Tsiganes pour une population de 82 millions d’habitants, Romani Rose, président du Conseil central des Sinti et des Roms, rencontre régulièrement Mme Merkel ou ses ministres. Le représentant des Tsiganes allemands est un personnage reconnu de la République fédérale, comme le sont chez nous les secrétaires nationaux des syndicats, le recteur de la grande mosquée, le président du Consistoire, etc.

En France quand la tension est forte, le 11 janvier, Cyril Hanouna invite une bande de fous délirants qui ne représentent rien d’autre que leur violente marginalité, mais sont reçus en plateau pour insulter et menacer le président de la République. En France, quand des ONG organisent une conférence ou un débat sur les Roms ou les Tsiganes, il n’y a jamais de Tsiganes invités à s’exprimer sur l’estrade. Ce manque de dialogue constant est à l’origine de cette méconnaissance au plus haut sommet de l’Etat. On ne prend jamais la peine de parler aux Tsiganes sensés, raisonnables, et on trébuche une fois, deux fois, quatre fois : à Grenoble en 2010, sur l’affaire Leonarda, sur la culture des Roms, et pour son malheur et le nôtre, sur le champion de France de boxe, le «gitan» Christophe Dettinger.
Jacques Debot écrivain tsigane

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