SUJET CENTRAL: LE MARCHE DE L'ART

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SUJET CENTRAL: LE MARCHE DE L'ART

Message  Gabriel à Roanne ou pas le Sam 8 Juil - 11:40

Je cite la revue https://www.contrepoints.org/2017/07/07/294178-nouveau-marche-de-lart

Bombardement historique du marché de l’art !



Thierry Ehrmann, président d’Artprice et de ArtMarket.com, se sent en mesure de profiter des carences, du système fermé de l’Art contemporain, et de lancer « l’OTC market », non sans spectacle, suspens et marketing…


Par Aude de Kerros.

Enfin ! Thierry Ehrmann, créateur d’Artprice, d’ArtMarket et de la Maison du Chaos, tient ses promesses ! Il nous avait promis pour ce 30 juin 2017 un bombardement historique du marché de l’art. C’est en cours. Pourtant ce marché vient de connaître un moment de gloire entre Biennale de Venise, Documenta et Foire de Bâle, sans compter quelques records dans les salles des ventes, après deux années de grand creux.

Son premier missile est sémantique. Il nomme aujourd’hui le marché de « l’Art contemporain »: « marché traditionnel ». Il le définit et le délimite comme entièrement fondé sur les grandes galeries internationales, les salles des ventes et les Institutions fabriquant la valeur en réseau.

Les œuvres de ce marché, pour être « bankables », ne peuvent pas être vendues en dessous de 50 000 euros. Avec ironie, il désigne ce marché de l’AC1 non seulement comme « traditionnel » mais comme « réactionnaire », définissant ce système comme faisant en sorte que « tout change pour que rien ne change », selon la célèbre formule du Prince de Lampedusa.
L’émergence de « l’Art Caché »…

Thierry Ehrmann n’en reste pas là, il fait apparaître sémantiquement l’autre marché, l’invisible, l’inexistant, plongé dans l’ombre par médias et institutions. Il le nomme, « marché OTC », « over the counter », par-dessus le comptoir.

Après une longue accumulation de « Big Data » et d’études de marché, il l’évalue, en considérant le produit des transactions comme sept à neuf fois plus élevé que « le marché traditionnel », Il emploie la métaphore de l’iceberg pour décrire cette situation : le marché traditionnel » hypervisible et hypercoté de l’Art contemporain, correspond à un million de transactions en ventes publiques et 3 millions en ventes privées (galeries, etc…) alors que l’ensemble du marché de l’art mondial, invisible, est, lui de 30 millions de transactions.

Grand disrupteur devant l’Eternel, Thierry Ehrmann nous annonce aujourd’hui qu’il a rassemblé les moyens de rendre visible et commercialisable sur le marché OTC, toute la partie rejetée systématiquement par les institutions de l’Art d’aujourd’hui pour cause de non contemporanéité. Et c’est le « blast » !
Comment Thierry Ehrmann est devenu l’Uber de l’art

Sa stratégie est implacable. Il sait ce qu’il fait. Il connaît parfaitement à la fois le « marché traditionnel de l’art y compris contemporain » et l’expérience de la disruption puisqu’il a commencé à la pratiquer en 2015 en rendant accessibles, gratuitement, sur l’Iphone de tout un chacun, la grande majorité des données concernant les cotes des artistes.
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Il sait que toute disruption court-circuitant un intermédiaire crée du profit. Encourageant ainsi les ventes en ligne, moins onéreuses, il rend les galeries non rentables et inutiles, excepté bien sur celles qui en réseau fabriquent des cotes de l’AC.

Puis il a longuement préparé l’étape suivante, celle de la disruption générale : il a créé une salle des ventes en ligne « Artmarket.com », dont le nom de domaine a été conquis définitivement en 2017. Cette appellation, de compréhension planétaire, dit tout en deux mots.

Enfin, grâce à l’achat de Xylogic puis de Blockchain, il assure la transparence de la chaîne des transactions et leur sécurité, permettant de retracer ainsi les étapes de la construction de la valeur.

Par ailleurs Thierry Ehrmann a consacré ces deux dernières années à un immense travail d’étude, de recensement et d’analyse, dans le monde entier, sans discrimination, de tous le « big data » nécessaire à l’organisation du marché OTC : réseaux sociaux, circuits parallèles, sites d’artistes, de galeries, de musées privés, d’amateurs, de critiques, d’historiens d’art indépendants. Il constate que les acteurs essentiels du marché qu’il lui reste à organiser sont bien là, présents et actifs sur Internet.

Ses recherches aboutissent à une recension sur le Net de 1,2 million d’artistes vivants, 40 millions d’amateurs potentiels, portant un intérêt à 325 courants artistiques, employant 212 techniques différentes. Ces nouveaux acteurs du marché ont un atout : ils acceptent de se plier à la concurrence et à la loi du marché et leurs prix sont plus accessibles… tant les frais de vente et de visibilité ont diminué.

Le vrai jack pot, peut enfin avoir lieu. Thierry Ehrmann, président d’Artprice et de ArtMarket.com, se sent en mesure de profiter des carences, du système fermé de l’AC, et de lancer « l’OTC market », non sans spectacle, suspens et marketing : il met aujourd’hui sous nos yeux l’offre et la demande de l’art non bankable : soit toutes les transactions allant de 50 euros à 50 000 euros, sans discrimination de genre ou de style et …c’est le Blast !
Son arme : une technologie de la transparence

Ses méthodes contribuent à court-circuiter non seulement les galeries moyennes, les institutions administratives et muséales, mais aussi elles mettent à mal la partie opaque du marché de l’art contemporain, c’est-à-dire le sommet de sa pyramide de Madoff ou tout est trust et entente à la fois.

En effet grâce au système de blockchain qui a fait ses preuves avec bitcoin, il peut, en appliquant au marché de l’art cette nouvelle technologie, rendre, le marché de l’art transparent.

Tout l’enchaînement des transactions créant la cote deviendrait ainsi visible. Cela ferait de lui un vrai marché où entre en jeu l’offre et de la demande (le haut marché de l’AC est essentiellement un marché de l’offre).

Le « marché traditionnel » dont le principe de fonctionnement s’en inquiète, mais Thierry Ehrmann se donne gagnant, en raison du retard et des lacunes de « l’establishment » concernant la connaissance et maîtrise d’Internet.

Le deuxième handicap étant son refus de la diversité de la création et le troisième, sa considération exclusive pour une clientèle aux moyens astronomiques. Il croit aux vertus de la concurrence… celle d’un marché d’amateurs amoureux, contre un marché de froids collectionneurs de produits financiers.
L’ubérisation des clercs

Thierry Ehrmann s’appuie sur une révolution culturelle en cours, observée avec attention, qui se dresse contre les fondamentaux exclusivement conceptuels, financiers, institutionnels, et bureaucratiques en France, de l’AC.

L’imposture financière, intellectuelle et artistique de l’AC est aujourd’hui largement connue. Une véritable dissidence dénonce ce « système » depuis trois décennies, en particulier en France.

Il ne faut pas oublier que la rue de Valois, avec l’argent du contribuable, a donné pendant tout ce temps comme consigne aux archivistes de sa bibliothèque des catalogues, (censée être le dépôt concernant les monographies de tous les artistes d’une époque), de mettre systématiquement à la corbeille ceux dont la « contemporanéité » officielle n’a pas été établie par eux.

Thierry Ehrmann, dans sa quête de big data, à titre privé, a fait patiemment l’inverse. Il est en mesure aujourd’hui de court-circuiter experts, médias, théoriciens de l’Université, sans oublier en France les deux cents Inspecteurs de la Création du Ministère, dont le rôle est de légitimer intellectuellement l’AC.

Il parie sur les vertus de l’écran. Devant lui, chacun se sent libre d’aimer et d’acheter ce qu’il veut, avec des moyens raisonnables, sans être ni intimidé, ni méprisé, ni moqué. Ecran qui permet aussi aux amateurs cultivés de rechercher, comparer, découvrir la pépite, dont la valeur intrinsèque pourra à nouveau être reconnue sur un futur authentique marché.

Thierry Erhmann va-t-il permettre aux artistes de réaliser, par ricochet, leur vieux rêve de liberté ? Enfin !

   AC, acronyme de « Art contemporain » utilisé par Christine Sourgins pour éviter la confusion.  Cette expression ne désigne pas « tout l’Art d’aujourd’hui » comme elle le laisse croire,  mais l’unique courant conceptuel. Dans « Les Mirages de l’Art contemporain », (Paris 2005 Ed. de la Table Ronde). ↩
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Re: SUJET CENTRAL: LE MARCHE DE L'ART

Message  alain le Jeu 10 Aoû - 12:20

j'aimerais que jean-Yves me retrouve une rubrique "les artistes devenu gros",
car je cherchais un truc sur Delvoye et je tombe sur son site , et ça devient complètement dément !!!

https://wimdelvoye.be/


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Re: SUJET CENTRAL: LE MARCHE DE L'ART

Message  Gabriel à Roanne ou pas le Jeu 10 Aoû - 23:45

Gros peut-être, artiste JAMAIS! on peut avoir sa dignité.
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Re: SUJET CENTRAL: LE MARCHE DE L'ART

Message  Jean-Yves Amir le Mar 22 Aoû - 20:55

alain a écrit:j'aimerais que jean-Yves me retrouve une rubrique "les artistes devenu gros",
car je cherchais un truc sur Delvoye et je tombe sur son site , et ça devient complètement dément !!!

"Les artistes devenus gros" avait commencé avec le sujet "Olivier Rey"
http://lartcommeonlaime.forumactif.org/t19-olivier-rey


Mais la conversation s'est aussi poursuivie là, sur Delvoye entre autres:
http://lartcommeonlaime.forumactif.org/t138-les-conditions-de-production-de-l-art-mondialise


Dernière édition par Jean-Yves Amir le Mer 23 Aoû - 10:11, édité 1 fois
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Re: SUJET CENTRAL: LE MARCHE DE L'ART

Message  alain le Mer 23 Aoû - 8:41

merci Jean-Yves.

J'en profite pour poser ces chiffres



J'avais été épaté quand j'avais découvert la place de Wool.
Pas vous ?

ps les chiffres viennent d'un article pas génial , de2016
"Art Contemporain, imposture ou révolution artistique"

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Re: SUJET CENTRAL: LE MARCHE DE L'ART

Message  Jean-Yves Amir le Ven 25 Aoû - 15:07

A l'occasion de la sortie du livre de Jean-Pierre Cometti & Nathalie Quintane (dir.), L’Art et l’argent, (éditions Amsterdam, Paris, 2017) ce petit article de Joseph Confavreux que j'emprunte à Médiapart, ainsi qu'un entretien avec l'un des auteurs, Nathalie Quintane.


Un livre collectif, L’Art et l’argent (aux éditions Amsterdam), rédigé par des artistes, des écrivains, des théoriciens et des membres d’écoles d’art examine le nouveau régime des rapports entre art et argent, qui achève de transformer les œuvres en objets spéculatifs et raconte le creusement abyssal des inégalités, dans l’univers artistique comme dans la société. Entretien avec sa co-directrice, l’écrivain Nathalie Quintane.

L’ouvrage collectif L’Art et l’argent, que viennent de publier les éditions Amsterdam, rassemble des contributions d’artistes, d’écrivains, de théoriciens et de membres d’écoles d’art, restés anonymes pour avoir une plus grande liberté de parole. Il est publié sous la direction de l’écrivain Nathalie Quintane et de Jean-Pierre Cometti, professeur de philosophie et d’esthétique à l’université de Provence, décédé l’an dernier.
Pour Jean-Pierre Cometti, les rapports entre art et argent, même s’ils ont toujours existé par le passé, se sont « passablement compliqués », parce que « les conditions qui assurent à ce nouveau Léviathan son pouvoir sont sans commune mesure ». En témoigne « non seulement le bond quantitatif des œuvres d’art sur le marché, qu’il s’agisse de l’évolution des prix ou du volume des transactions. [Cela se manifeste] également dans la place que l’art occupe dans le champ de la culture et dans les rapports qui l’associent à la mode et au luxe », juge le théoricien, selon lequel « l’évolution des prix sur le marché de l’art est concomitante des écarts qui se sont creusés entre riches et pauvres ».
Ce bouleversement d’échelle, dans lequel l’art contemporain devient l’art emblématique d’un monde où les inégalités sociales n’ont jamais été aussi fortes, affecte la création elle-même puisque, juge Cometti, le processus marchand prive désormais « l’art autonome de sa fonction critique et la critique de sa fonction autonome ». En effet, « les solidarités que l’art a nouées avec l’argent et le nouveau capitalisme devraient définitivement nous dissuader d’aborder les questions relatives à l’art comme si elles en étaient éternellement protégées. L’autonomie artistique dont nos discours se sont nourris, et se nourrissent encore inopportunément, peut désormais apparaître pour ce qu’elle est : une mascarade que nul ne peut plus prendre au sérieux ».
Un « tournant mécénal », qui propose des chefs-d’œuvre visibles dans des fondations privées à 14 euros l’entrée, a donc été pris « dans une société si inégalitaire que les mécènes sont les seuls à pouvoir faire ce type de cadeaux – cadeaux qui s’apparenteraient d’ailleurs plutôt à l’aumône ». En confondant spéculation et aide aux artistes, « cadeau » des grandes fondations et cadeaux fiscaux, industrie du luxe et processus de création, le triangle « Artiste – Institution – Capital » est entré, pour les auteurs, dans un nouveau régime où, « incorporées dans l’environnement néolibéral, les pratiques artistiques radicales servent en effet à donner un make-up démocratique au monde de l’art et à ses institutions, en se résumant à l’emprunt d’une esthétique “révolutionnaire” déchargée de sa signification historique ».
Face à ce « pognon monstrueux qui circule et disparaît lors de ces parties de bonneteau fiscal », l’ouvrage explore des pistes de repolitisation de l’art, par les œuvres, le langage ou la théorie, par exemple la « mobilisation de classe nécessaire de ce prolartariat dans une lutte pour la reconnaissance » et l’« institution d’un équivalent de taxe Tobin sur les transactions artistiques élevées, à des fins de redistribution plus égalitaire – quelque chose comme un tribut collectif sur la dépense somptuaire et sur l’enrichissement ».
Même si certaines figures du monde de l’art, tels Maurizio Cattelan, qui affirme avoir cessé de produire, ou Thomas Schütte, qui a décidé de garder ses œuvres dans son propre musée pour ne plus avoir à faire avec le marché, semblent prendre conscience des impasses d’un marché de l’art fait de délits d’initiés et qui « aime ce qui l’agresse, car il se glorifie de sa largesse d’esprit », sortir de cette situation où l’art a été dévoré par l’argent n’intéresse pas le seul monde artistique, tant ce qui se passe dans ce domaine n’est souvent que la partie émergée de l’iceberg…

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