Bonnard, la peinture, la tonalité, la partie de cache-cache devant la cheminée.

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Bonnard, la peinture, la tonalité, la partie de cache-cache devant la cheminée.

Message  Jean-Yves Amir le Mer 27 Mai - 18:56

J'ai vu récemment l'expo Bonnard qui se tient actuellement au musée d'Orsay. A cette occasion, je voudrais dire quelques mots de ce peintre et de sa peinture. Et parler de "La cheminée" de 1916.

Quand j'étais jeune, il y a très très longtemps, dans les années 1970, Bonnard était un peintre considéré comme un peu ringard. Face aux mouvements purs et durs de l'art minimal ou conceptuel, ou des figurations narratives "sèches", il semblait en voie d'oubli. Trop voluptueux, trop quotidien, trop bourgeois disaient même certains...

Lui avait fait le pari de passer l'an 2000 "avec des ailes de papillon": je crois bien qu'il a réussi son coup! Laughing

L'exposition n'est pas organisée strictement selon la chronologie, mais plutôt par thèmes : les portraits, les salles de bain....

Comme pour tout artiste, tout n'est pas du même niveau chez Bonnard. Ses oeuvres "allégoriques", ou ses décorations de commande me semblent moins bonnes. Par contre, dans ses scènes d'intérieur, ses natures mortes, ses portraits, tout ce qui relève de l'intime, c'est un artiste immense.


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Re: Bonnard, la peinture, la tonalité, la partie de cache-cache devant la cheminée.

Message  Jean-Yves Amir le Mer 27 Mai - 19:20

Suite au contexte des années 1970 que je disais ci-dessus, Bonnard, dans ma tête, se rangeait plutôt du côté d'un réalisme sage et confortable. Oui, c'était ainsi, je le reconnais.

Avec le temps, le recul, l'âge peut-être, ce sont bien d'autres choses que je perçois chez lui.
Bonnard, c'est d'abord le flamboiement du quotidien!
L'ordinaire de cet homme était aussi terne et répétitif que le vôtre et le mien. Pourtant, dans chaque tableau qu'il peignait, il mettait le feu. Il regardait les choses simples autour de lui et en faisait un émerveillement.
Longtemps j'ai cru que sa salle de bain était magnifique, comme ornée des plus belles mosaïques de l'art de l'islam. Mais non, ce n'était qu'une modeste et incolore salle de bain:



Mais au delà de ce flamboiement du quotidien, la peinture de Bonnard fait sentir comme une fêlure, une fragilité, une inquiétude. Difficile de dire où précisément. Cela se sent, je crois, dans ses compositions souvent au bord de l'instable: ça tient, oui ça tient, mais tout juste, au bord du déséquilibre.
Cela se sent aussi dans sa façon de décadrer, de couper des éléments par le cadre ou de les placer en bordure, en les repoussant aux extrêmes de la surface du tableau. Ce procédé, présent chez Degas également, crée des effets de tension parfois très surprenants.


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Re: Bonnard, la peinture, la tonalité, la partie de cache-cache devant la cheminée.

Message  Jean-Yves Amir le Mer 27 Mai - 21:35

Je voulais depuis quelques temps répondre à ce mail de Jean-Pierre, et amorcer ainsi cette question de la tonalité.

J'aime beaucoup les meilleurs Bonnard, évidemment mais mon jugement  reste quand même partagé.

Son langage plastique est tellement extrême avec son absence de recul et son côté résolument atonal, sa saturation systématique de la couleur, son absence de modelé que très souvent ça ne marche pas du tout. Les derniers que j'ai vus en vrai ne m'ont pas convaincus et pourtant ils sont très  connus.

Actuellement, je n'ai pas mes livres, je ne peux donc pas vous faire des scannes circonstanciés mais n'ai pas eu à chercher longtemps sur internet  pour en trouver un très éloquent dans le genre pas bon du tout ( Vue du Cannet, 1942 ). Ses réussites sont miraculeuses, c'est le cas de celui que tu nous montres, par exemple, Jean - Yves mais on peut aussi dire que c'est miraculeux que ça marche. Quelle mollesse, très souvent ! Ca passe parfois et alors c'est magnifique mais, le plus souvent,  ça casse.

Voilà, je suis partagé et pense qu'on peut  encore faire de la peinture aujourd'hui dans  un langage plastique plus universel, non - amputé de sa dimension tonale, plus articulé et encore capable de hiérarchisations.

Voici l'exemple que tu donnais (vue du Cannet 1942)


Je ne serais pas aussi sévère que toi dans mon jugement, mais c'est vrai que ce que tu dis se produit assez souvent dans les paysages de Bonnard. Les couleurs ne jouent pas par tons et la surface du tableau tend à s'égaliser.

Mais dans ses intérieurs, ce n'est généralement pas le cas. J'ai surveillé cela en visitant l'expo: Bonnard, au contraire de l'exemple que tu donnes, utilise les valeurs extrêmes, noir/blanc disons, comme point d'orgue de ses couleurs. Il est très intéressant d'observer, dans chaque tableau, comment se place ce point de contraste maximum car souvent il organise toute la composition, et d'une façon ou d'une autre, fait signe.
Par exemple ici, ce petit bout de pantoufle noir qui vient dépasser du cadre blanc de la porte


Ou bien là, ce chat noir indispensable à la composition, et grâce auquel on remarque le visage de la femme dont le corps est étendu, hors champ, sur une chaise longue. Visage qu'on ne verrait sans doute pas si le chat noir ne venait le désigner



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Re: Bonnard, la peinture, la tonalité, la partie de cache-cache devant la cheminée.

Message  Jean-Pierre Pyat le Ven 29 Mai - 5:10

Nous sommes d'accord sur tout, Jean - Yves.
Les intérieurs que tu nous montres sont très convaincants, très bien. Le régime des valeurs qu'on y trouve est extrêmement particulier : un nivellement de presque toutes les couleurs dans le très clair équilibrées, sauvées par la très brusque irruption d'un noir. Il faudrait voir si cela ne trouve pas son origine dans les estampes japonaises sur fond blanc avec leurs brusques aplats noirs encrés.

Ce qui est si convaincant avec des couleurs très pâles, celles qu'on trouve dans ses intérieurs ne l'est plus du tout dans ses paysages quand il tente d'unifier le plan par des couleurs saturées et de valeur moyenne. L'exemple le plus terrifiant en est la Terrasse ensoleillée de 1939 - 46.

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Re: Bonnard, la peinture, la tonalité, la partie de cache-cache devant la cheminée.

Message  Jean-Yves Amir le Ven 29 Mai - 19:29

Voici cette "Terrasse ensoleillée", de 1939, à laquelle tu fais allusion, Jean-Pierre



Ce tableau est présenté également dans l'expo, il m'a un peu surpris, et je ne pense pas non plus qu'il figure parmi les meilleures oeuvres de Bonnard.
Deux mots sur ce que nous faisons ici:
- d'une part il faut faire gaffe, avec Bonnard et ses couleurs en particulier, que les reproductions dont nous disposons ne rendent jamais compte correctement des tableaux réels... Donc prudence!
- d'autre part, concernant un grand artiste qu'on admire, c'est bien de ne pas avoir un regard béat devant tout ce qu'il a pu produire. C'est bien de garder un regard critique et de savoir discerner, du moins selon notre point de vue, ce qu'il a fait de mieux et ce qu'il a fait de moins bon.

Ces points posés, continuons... Laughing
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Re: Bonnard, la peinture, la tonalité, la partie de cache-cache devant la cheminée.

Message  Jean-Yves Amir le Ven 29 Mai - 19:33

Bon, je voudrais en venir maintenant à ce tableau, "La cheminée" de 1916, que j'ai vu à l'expo. J'aimerais en parler un peu.

Auparavant, petite devinette: voyez-vous où se situe le point de contraste de valeurs maximum? Et, suite à ce que j'ai expliqué ci-dessus, voyez vous comment il fait sens?



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Re: Bonnard, la peinture, la tonalité, la partie de cache-cache devant la cheminée.

Message  Jean-Yves Amir le Dim 31 Mai - 9:39

cheers Pour ce qui concerne la biographie de Bonnard, je renvoie à ce blog bien fait http://holbein.free.fr/TRANSIT/BLOG-LR/BObox.htm et à la partie "complément" en particulier, à propos de "La cheminée".

Je préfère dire ici quelques mots d'analyse formelle.

L'oeuvre est construite par emboitement de plusieurs cadres -celui du tableau, celui du miroir posé sur la cheminée, celui de l'autre tableau accroché en arrière plan (un nu allongé de Maurice Denis ayant appartenu à Bonnard, parait-il, mais je n'ai pas trouvé d'image de ce tableau). A l'intérieur de cette structure solide, le peintre dispose son modèle, un autre miroir courbe, en arrière plan, et quelques objets sur la cheminée.
Entre le spectateur et ces éléments s'instaure comme un ping pong visuel, le nu couché semblant regarder le dos de la femme qui lui même se reflète dans le petit miroir du fond.



Le point de vue du peintre, qui se situe approximativement à la hauteur du plan horizontal de la cheminée, est légèrement en contre plongée par rapport au modèle. En toute logique, on devrait voir le visage du peintre, ou du moins le haut de sa tête, se refléter dans le miroir, en partie caché par la femme. A peu près comme ceci:



Ainsi, il faut imaginer Bonnard, sans doute assis un peu en arrière de son modèle qui lui se tient debout,  jouant à cache cache au raz du bord inférieur du miroir.... Et ce point stratégique où apparait/disparait successivement son visage, le peintre le souligne d'une marque noire qui produit le contraste de valeurs maximum du tableau.



Dès lors qu'on l'a repéré, ce point focal vous titille la pupille et on ne voit plus que lui!



Plus fort encore, cette discrète courbe jaune qui vient caresser le bord gauche du cadre!
De quoi s'agit-il? Et bien tout simplement de la femme debout que Bonnard aperçoit à sa gauche, à la limite de son champ visuel. Car elle est là tout près de lui.
Magnifique! cheers

L’art bonnardien nous propose un mode de pénétration du tableau tout à fait spécifique, unique en son genre. Il fouille l’espace grâce à un jeu très subtil de déplacement et de dissimulation. Impossible de voir un tableau de Bonnard sans se livrer, souvent sans même s’en rendre compte, à de subtiles circulations. Il invite – ou plutôt il impose – au spectateur de suivre du regard les plans et les masses colorées, de parcourir des lignes de perspectives qui montent et qui descendent avec des plongées vertigineuses (les surplombs spectaculaires de la série des terrasses), de suivre des distorsions inattendues de l’espace, d’adopter des inversions d’effets lumineux, de deviner le sens de formes informes, de multiplier les points de vue. Avec une étonnante capacité d’allier une vision en surface avec une perspective étagée en profondeur, il joue sur le rapport entre intérieur et extérieur.
Simone Korff-Sausse "Le corps dans l'art" http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=CPSY_041_0237


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Re: Bonnard, la peinture, la tonalité, la partie de cache-cache devant la cheminée.

Message  alainD le Dim 31 Mai - 14:24

Je vais filer mes propres turpitudes, si vous permettez.
Je me suis d'abord fait un bagage minimum, merci gougle:

Pierre B.né en 1867
académie Julian en 88, 21 ans
Sen blanc sur blanc, chais pas répondre!!!!!alon des indépendants 1892, 25 ans
En 1893, il rencontre Maria Boursin,née en 1869
Elle est très belle, il en tombe amoureux.
Le couple est fusionnel pendant près de cinquante ans.
L'étude de la femme à la toilette devient primordiale dans ces années du début du siècle.
1900, 33 ans


Ma traduction:
à peine adulte il veut être peintre, et à la force de l'âge de la jeunesse,30 ans et suite,
maîtrisant son propos pictural, il est aussi amoureux de sa compagne et la peint nue 1000 fois.
Pas 10 fois , hein , 1000.
Ceci semble assez normal,peut-être, pas de quoi s'inquiéter.
Mais voyaons aussi qu'il l'a peint le plus souvent en pleine toilette intime.
L'intimité de qui?
Je veux dire: avez-vous peint ou photographié voire même observé votre compagne ( 1000 fois! )
en pleine toilette intime?
Moi jamais.
et toc
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Re: Bonnard, la peinture, la tonalité, la partie de cache-cache devant la cheminée.

Message  Jean-Yves Amir le Dim 31 Mai - 15:54

alainAdmin a écrit:Le couple est fusionnel pendant près de cinquante ans.

C'est ce que je croyais également, mais il semblerait que les choses n'aient pas été si simples!
Marthe n'allait pas très bien, elle passait son temps à se baigner, se laver... C'était obsessionnel chez elle.
Et ce qui s'est passé avec Renée Monchaty, qui pose devant la cheminée, a dû être très douloureux...

Etrange couple qui reliait pendant plus de quarante années cette Marthe, décrite par ses contemporains comme neurasthénique, mythomane, mélancolique, obsessionnelle et le peintre discret, effacé, toujours en retrait, qui ne cessait de la peindre. Ils étaient faits pour s’entendre. Elle qui consacrait ses journées à la toilette, aux soins du corps, dont le royaume était la salle de bains, conquête de l’hygiène moderne de l’époque, faisant plusieurs fois par jour des ablutions dans les tubs qui venaient alors à la mode. Et lui qui regardait, regardait, puis dessinait, dessinait à l’affût de tous les mouvements du corps humain, qu’il tentait de saisir, d’où la série des petites photos qui lui permettaient de traquer et de fixer les moindres mouvements de la femme, dans leur instantanéité, qu’il cherchait à fixer.

19Marthe, exclusive, jalouse, possessive, évacuait et décourageait tous les visiteurs. Etrange vie de réclusion à deux, interrompue le temps de l’été 1921, lors d’un voyage que Bonnard fit en Italie avec Renée Monchaty, son modèle, jeune et belle mais qu’il abandonna dès son retour auprès de Marthe. Renée se suicida. De cette épisode, il reste un tableau, La Terrasse à Vernon, commencé en 1920, mais achevé en 1939, où apparaissent deux femmes. Marthe et Renée ?
Simone Korff-Sausse "Le corps dans l'art" http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=CPSY_041_0237

Bon, ceci dit, je n'aime pas trop parler de la vie privée des peintres, car ça n'explique pas grand chose de leur art.
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Re: Bonnard, la peinture, la tonalité, la partie de cache-cache devant la cheminée.

Message  Jean-Yves Amir le Dim 31 Mai - 20:53

Quelques personnes sont venues consulter ce sujet depuis que je l'ai ouvert il y a quelques jours.

Cela m'intéresserait qu'elles donnent leurs impressions ou opinions... flower
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Re: Bonnard, la peinture, la tonalité, la partie de cache-cache devant la cheminée.

Message  alainD le Lun 1 Juin - 11:20

jy a écrit: je n'aime pas trop parler de la vie privée des peintres,
car ça n'explique pas grand chose de leur art.

grrrrrrrrrrrrrrrrrr


D'une part, si, ça explique!, et toutes tes références textuelles le prouvent, Jean-Yves.

Aussi bien l'auteur de holbein.free.fr que Simone Korff-Sausse.
Toutes données que j'ignorais d'ailleurs mais qui me donnent le vertige.
Marthe obsessionnelle, Renée qui se suicide, Pierre qui passe des heures dans la salle de bain de sa compagne,
ah bin alors si cela ne nous regarde pas, ce n'est pas la peine de regarder.
Sans parler des photos qu'il fait de Marthe nue dans le jardin, je sais pas si Mondrian ou Debussy passait du temps à ce genre de pratique.


Or la vie privée des peintres expliquent leur vie privée!
Et ça m'interesse.
Autant que lorsque je lis les lettres de Kafka à Milena.
Ce qui ne m'empêche pas, le lendemain de ne prêcher que pour les analyses formelles.
Et je suis content d'en lire de magistrales.
Mais le surlendemain je me demande encore pourquoi Bonnard découpait ses femmes, voilà.

Par ailleurs si personne n'ouvre une "suite" sur (Bonnard et) Crémonini,
je ne remets plus les pieds sur ce forum, et toc.

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Re: Bonnard, la peinture, la tonalité, la partie de cache-cache devant la cheminée.

Message  Jean-Pierre Pyat le Lun 1 Juin - 16:24


Bonnard accumule  dans ses tableaux un grand nombre de valeurs égales, ici des valeurs moyennes et ménage de rares et brusques contrastes qui , classiquement, projettent en avant un des éléments contrastants.
Ces décrochements lui permettent d'articuler des plans qui sont aussi des niveaux de représentation : la scène elle - même, son reflet, le reflet de son reflet.

Voilà ce que voudrait montrer le laborieux petit croquis ci - dessus.


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Re: Bonnard, la peinture, la tonalité, la partie de cache-cache devant la cheminée.

Message  Jean-Yves Amir le Mar 2 Juin - 13:56

alainAdmin a écrit:
jy a écrit: je n'aime pas trop parler de la vie privée des peintres,
car ça n'explique pas grand chose de leur art.
grrrrrrrrrrrrrrrrrr
D'une part, si, ça explique!, et toutes tes références textuelles le prouvent, Jean-Yves.
Aussi bien l'auteur de holbein.free.fr que Simone Korff-Sausse.
Toutes données que j'ignorais d'ailleurs mais qui me donnent le vertige.
Marthe obsessionnelle, Renée qui se suicide, Pierre qui passe des heures dans la salle de bain de sa compagne,
ah bin alors si cela ne nous regarde pas, ce n'est pas la peine de regarder.
C'est un sujet compliqué!
Mon opinion, c'est que la vie des artistes ne nous regarde pas au delà de ce qu'ils en ont dit eux-mêmes.
Il me semble que cette idée que la vie explique l'oeuvre est un leurre. Nous ne connaissions pas ces soucis de la vie de Bonnard, est-ce que cela nous empêchait de comprendre et de ressentir cette "Cheminée" de 1916? Est-ce que cela change grand chose pour le spectateur que cette femme soit Renée plutôt que Marthe? Et il y a quantité d'artistes dont on ne sait strictement rien de la vie privée, et qu'on n'aime pas moins pour autant!

Or la vie privée des peintres explique leur vie privée!
Peux-tu expliciter ta pensée Alain????  confused  Very Happy

Mais le surlendemain je me demande encore pourquoi Bonnard découpait ses femmes, voilà.  
Je n'ai jamais dit qu'il découpait ses femmes!!! affraid

Par ailleurs si personne n'ouvre une "suite" sur (Bonnard et) Crémonini,  
C'est vrai qu'il y a une parenté entre Crémonini et Bonnard dans leur façon de découper l'espace et de le faire rebondir d'un miroir à un autre.
Tu veux qu'on ouvre un sujet là dessus? On pourrait élargir aux oeuvres qui jouent sur la coupure du cadre, ce qui rejoint le sujet du décadrage déjà ouvert?


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Re: Bonnard, la peinture, la tonalité, la partie de cache-cache devant la cheminée.

Message  alainD le Mar 2 Juin - 20:37

Jean-Yves Amir a écrit:
Alain a écrit:Or la vie privée des peintres explique leur vie privée!
Peux-tu expliciter ta pensée Alain????  confused  Very Happy
oui!
Figure-toi qu'un certain âge me venant je me suis plus intéressé à la manière dont tel ou tel  artiste avait vécu, qu'à leur œuvre.
Quitte à faire l'inverse le lendemain et l'inverse de l'inverse le surlendemain.
Mais "est-ce ainsi que les hommes vivent?" me semble toujours une bonne question, héhé.
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Re: Bonnard, la peinture, la tonalité, la partie de cache-cache devant la cheminée.

Message  Jean-Yves Amir le Mar 2 Juin - 21:18

alainAdmin a écrit: Mais "est-ce ainsi que les hommes vivent?" me semble toujours une bonne question, héhé.

"Et leurs baisers au loin les suivent"...
Toute oeuvre grande et belle est un baiser à la vie et à autrui.
Peu importe de savoir à qui ils ont été donnés, ni dans quelles circonstances.
L'important est qu'ils nous parviennent, d'une façon ou d'une autre, au delà de ces circonstances.

Ceci dit, je comprends ta façon de voir les choses pour les artistes qui ont eux mêmes imprégné leur oeuvre de traces biographiques, comme Kafka.


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Re: Bonnard, la peinture, la tonalité, la partie de cache-cache devant la cheminée.

Message  Jean-Yves Amir le Mer 3 Juin - 12:14

alainAdmin a écrit: Figure-toi qu'un certain âge me venant je me suis plus intéressé à la manière dont tel ou tel  artiste avait vécu, qu'à leur œuvre.

Peux-tu donner des exemples? A quelles découvertes cela t'a t-il mené?
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Re: Bonnard, la peinture, la tonalité, la partie de cache-cache devant la cheminée.

Message  alainD le Mer 3 Juin - 13:22

Un exemple pour commencer:
la taille et l'âge de Soulages quand il a inauguré son Musée.
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Re: Bonnard, la peinture, la tonalité, la partie de cache-cache devant la cheminée.

Message  Jean-Yves Amir le Mer 3 Juin - 22:27

Jean - Pierre Pyat a écrit: Voilà ce que voudrait montrer le laborieux petit croquis ci - dessus.

Ben voyons ....  Very Happy  Ils sont superbes, tes croquis, Jean-Pierre!

On est passé un peu vite à autre chose, mais ton analyse des différents degrés de réalité dans ce tableau de Bonnard me parait très juste.

Ces décrochements lui permettent d'articuler des plans qui sont aussi des niveaux de représentation : la scène elle - même, son reflet, le reflet de son reflet.
Et on peut ajouter le tableau dans le tableau...
Quelqu'un connait-il ce nu couché de l'arrière plan, qui serait de Maurice Denis?
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