Ernest (Pignon-Ernest)

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Ernest (Pignon-Ernest)

Message  alainD le Mer 13 Mai - 22:05

J'ai connu un canadien anglophone, de par mes activités 3D, à l'époque, 2002-2008,
où nous avions une communauté internationale, pas immense mais active.
Nous sommes devenus amis et il est venu 2 fois chez moi, je l'ai aussi vu à Paris,
nous nous sommes baignés dans le lac Léman une autre année et  
alors que j'étais en voyage scolaire à Barcelone je lui avais donné rendez-vous là car il visitait les Pyrennés.
Nous sommes allés à Lyon, et chez Gertrude Stein, à Avignon où des élèves à moi jouaient dans la rue, enfin j'en passe!

Alors une année où il était revenu se balader dans le sud de la France j'avais trouvé ce bon prétexte de l'expo Pignon-Ernest pour revoir Colin.

Nous sommes allés aussi à l' Isle-sur-la-Sorgue- Maison René Char -
pour l' exposition «Icônes païennes»
- de Naples à Soweto, de Rimbaud à René Char -
différents aspects de la démarche de Ernest Pignon-Ernest.


J'ai assisté seul à la rencontre avec EPE (et André Velter), car Colin ne parle pas suffisamment le français



http://dumenieu.free.fr/artvrml/images/avignonpignon.htm








quelques souvenirs partagés avec Colin :








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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  alainD le Jeu 14 Mai - 16:02

Alors, "on" va me dire, "mais qu'as tu pensé de l'expo de EPE?
Eh bien , je vais revenir
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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  Jean-Yves Amir le Jeu 14 Mai - 21:22

Bref, pour revenir à Ernest Pignon Ernest, qu'as-tu pensé de son expo à Avignon?
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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  alainD le Ven 15 Mai - 10:49

Bref, se souvenir de quand et comment on a vu telle ou telle oeuvre, avec qui, c'est important,
ce n'est pas toi qui va me démentir, Jean-Yves.
Et question souvenirs persos je peux même ajouter que j'ai (re)rencontré EPE lorsqu'il est venu, exceptionnellement,
exposer ses Rimbauds à Charleville-Mezières, j'y habitais.


Bref, passons à l'acte:

On aime chez EPE la fragilité du materiau,
son oeuvre collé ne subsistant que dans la mémoire photographique.

Surprenant donc de voir un tel "monument".
Et d'un artiste plutôt athée, grâce à Dieu.
Eh bien pour résumer je citerai Henri Cueco, qui dans une rencontre publique avec EPE, dans un hotel
au sud de Paris, si je me souviens bien,
vers 1976-78, lui avait dit:
"finalement tu exposes toujours ton propre corps"..

ahaha on n'est pas 100 encore vivants à avoir de tels souvenirs persos, hein? aahahaha
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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  Jean-Yves Amir le Dim 17 Mai - 12:15

alainAdmin a écrit:Bref, se souvenir de quand et comment on a vu telle ou telle oeuvre, avec qui, c'est important,
ce n'est pas toi qui va me démentir, Jean-Yves.
Je ne déments pas, je suis même totalement d'accord! Very Happy

Et question souvenirs persos je peux même ajouter que j'ai (re)rencontré EPE lorsqu'il est venu, exceptionnellement,
exposer ses Rimbauds à Charleville-Mezières, j'y habitais.

Allez, raconte! Very Happy


Bref, passons à l'acte:
On aime chez EPE la fragilité du materiau,
son oeuvre collé ne subsistant que dans la mémoire photographique.

Mais à Avignon, c'était un peu différent, non?
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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  alain le Mar 19 Mai - 21:16

Jean-Yves Amir a écrit:
Mais à Avignon, c'était un peu différent, non?
Oui! "comme un monument", ai-je dit, avec ces imitations de feuilles de papier,
qui servaient de support au dessins, alors que quoiqu’on-les grincheux- en dise ,EPE n'est pas dans le trompe l'oeil.

Donc cela surprenait mais EPE sait faire la différence entre in situ dans une chapelle, in situ dans la rue, in situ en forêt , et ça les grincheux veulent pas le comprendre.

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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  Jean-Yves Amir le Sam 23 Mai - 20:14

alain a écrit:
Jean-Yves Amir a écrit:
Mais à Avignon, c'était un peu différent, non?
Oui! "comme un monument", ai-je dit, avec ces imitations de feuilles de papier,
qui servaient de support au dessins, alors que quoiqu’on-les grincheux-  en dise ,EPE n'est pas dans le trompe l'oeil.

Donc cela surprenait mais EPE sait faire la différence entre in situ dans une chapelle, in situ dans la rue, in situ en forêt , et ça les grincheux veulent pas le comprendre.

Qu'est ce que c'est, ce support qui imite des feuilles de papier?

Je suis surpris que tu évoques des "grincheux" au sujet des trompe l'oeil? Peux-tu expliciter?

Les oeuvres d'EPE fonctionnent, pour partie, sur le principe du "trompe l'oeil", c'est évident.
Mais je ne vois pas ce qu'il y a là de péjoratif?
La question de l'illusion, de la ressemblance, de la mimesis comme on dit, traverse tout l'art occidental (et pas que) depuis des siècles. Les artistes qui sont passés, à un moment ou à un autre dans leur oeuvre, par cette question, sont innombrables.
Alors pourquoi serait-ce un bémol s'agissant d'EPE? Question Suspect confused
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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  alainD le Sam 23 Mai - 20:53

JYA a écrit:Qu'est ce que c'est, ce support qui imite des feuilles de papier?

du métal je crois, si je me souviens bien.

JYA a écrit:Je suis surpris que tu évoques des "grincheux" au sujet des trompe l'oeil.

Les commissaires *politiques* dans les institutions, Pompidou et cie et ArtPress et cie, n'ont jamais soutenu EPE.
D'ailleurs même la "figuration narrative" française n'a jamais été vraiment soutenue.
C'était tellement plus "in" de soutenir les yankees.

Alors sur le trompe l’œil, EPE a maintes fois expliqué
comment il devait distorde ses dessins pour que cela fonctionne du point de vue du passant.
D'un coté c'est le principe même du trompe l’œil qui n'a pas peur de s'accoupler avec l'anamorphose,
d'un autre coté c'est ce que ne veulent pas comprendre les grincheux
et qui disent "trop beau/classique ton dessin, Ernest", bah les cons.

Tiens on devrait faire
un topic ou un forum ou un jihad qui aurait pour titre "le point de vue du passant"
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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  alainD le Sam 23 Mai - 21:00

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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  Jean-Yves Amir le Sam 23 Mai - 22:30

alainAdmin a écrit: Tiens on devrait faire
un topic ou un forum ou un jihad qui aurait pour titre "le point de vue du passant"

Tu penses à quoi au juste?

Très bien l'entretien dans l'Huma! Il me conforte sur ce que je pense d'EPE depuis bientôt 40 ans qu'on le connait.
Sa proximité avec Buren ou avec Supports Surfaces... Et puis un mot au passage pour Klee qui m'a bien fait plaisir!

Qu'il ne soit jamais vraiment dans le gros circuit de l'art en France, tout en gardant une place importante, c'est tout à son honneur, non? Si, un jour il finissait à Monumenta, il nous ferait de la peine!

Tu sais, je crois qu'au total, malgré ce que tu dis, il gagne la partie.
Il ne fait pas la une de paris match et n'aura pas d'expo chez arnaud/vuitton, c'est certain, mais il est un des artistes les plus connus du grand public en France.
Je le constate chaque année auprès des élèves : après la joconde, Picasso, Dali et Warhol, il n'est pas très loin derrière!
Il est un des artistes qui disent le plus "quelque chose" aux élèves, parce que des profs leur en ont parlé et parce qu'ils s'en souviennent. EPE, ça marque....
A sa façon, il est très reconnu et présent.
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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  alainD le Sam 23 Mai - 22:41

Jean-Yves Amir a écrit:
alainAdmin a écrit:  Tiens on devrait faire
un topic ou un forum ou un jihad qui aurait pour titre "le point de vue du passant"

Tu penses à quoi au juste?
à rien Smile tu sais , j'écris souvent sans penser Smile

ceci dit tant mieux si Ernest est apprécié sauf par les grincheux , mais par ailleurs, nous, on l'aimerait de toute façon.
Pour moi il est le symbole contemporain de ce que j'aurais aimé faire/être.... réunir art et politique.
Bah c'était sans doute un phantasme , je ferai ça dans une vie ultérieure....
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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  alainD le Sam 23 Mai - 22:44

par ailleurs il dit bien ce qu'il en était des "Extases"
huma a écrit:C’est moins vrai avec les Extases, où vous avez, comment dire, mis en scène, les grandes figures mystiques de sainte Thérèse d’Avila, Hildegarde de Bingen, Catherine de Sienne…

Ernest Pignon-Ernest. Oui, mais, chaque fois, j’ai choisi le lieu. Je les ai toujours installées, comme à Saint-Denis ou à Lille, dans des lieux chargés de spiritualité.
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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  alainD le Sam 23 Mai - 22:50

et tu pourras citer le passage ci-dessous à ton copain qui te parlais de la taille de tes tirages , Gabriel, je crois:

ErnestPE a écrit:J’ai toujours travaillé grandeur nature parce que je pense que plus grand, c’est stalinien ou publicitaire.

ahaah
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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  alainD le Sam 23 Mai - 23:00

le problème , avec EPE, c'est que plus je vois de photos de lui actuelles , et plus j'y vois qu'il vieilli,
toujours adorable humain , mais vieillissant, et bientôt il
va mourir, et ça fait chier et c'est pas juste. Voilà.
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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  Jean-Yves Amir le Sam 23 Mai - 23:10

[quote="alainAdmin"] à rien Smile tu sais , j'écris souvent sans penser Smile
[quote]
Là, j'ai des doutes!!!! Tu mijotes quelque chose!

Pignon Ernest, je l'ai rencontré également. J'ai apprécié l'homme simple, modeste et très fin. D'une intelligence directe qui vous met de plain pied avec son boulot d'artiste....


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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  alain le Sam 30 Mai - 14:53

http://www.francetvinfo.fr/societe/debats/pantheon/qui-est-a-l-origine-des-portraits-affiches-sur-la-facade-du-pantheon_922469.html








en fait je suis en train de chercher pourquoi EPE a accepté et pourquoi c'est à lui que  Hollande a passé la commande.
...

et sur canal , les faux-culs habituels:

http://www.canalplus.fr/c-emissions/c-la-nouvelle-edition/pid7023-les-reportages.html?vid=1263103

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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  Jean-Yves Amir le Dim 31 Mai - 21:05

Alain, qu'est ce que tu en penses, toi, de cette commande officielle et de la réponse d'EPE?
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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  alain le Dim 31 Mai - 21:35

Je ne trouve rien sur le web qui pourrait laisser penser que EPE aurait eu quelques
tergiversations quand lui fut passée la commande.
( Ce qui ne veut pas dire qu'il n'en ait pas eu)
Au contraire il semble heureux et impliqué.
Mais on le sait intelligent, et de plus président des Amis de l'Humanité ,
actuellement le *dixit* "Journal fondé par Jean Jaurès"
mais pendant longtemps le journal du Parti des fusillés.
Alors je ne peux pas penser qu'il soit passé à coté de l'arnaque totale accomplie par Hollande.
Aller chercher un communiste pour rendre hommage à la Résistance surtout pas communiste!
( mais plus qu'honorable aussi, bien sûr)
Après avoir petit-télégraphié à Londres que les communistes n'existaient plus en France,
puis dit que le PC des années 70 c'était comme le FN des années 2015,
Hollande raye d'un trait de panthalonnade toute la Résistance communiste.
Je sais que ce forum n'est pas un blog de défoulement politique,
mais je m'interroge juste sur sur la réponse de EPE, que je continue à admirer, bien sûr ,
et disons que je m'interroge au passage sur la perversité de notre Président actuel.
On avait eu droit au trucage Guy Moquêt avec le précédent, l'indignité continue.

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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  alainD le Jeu 4 Juin - 11:05

alainAdmin a écrit:   Si, un jour il finissait à Monumenta, il nous ferait de la peine!


je me retouve ici et repense en 2 temps à ta réflexion.
Certes je comprends bien, nous n'aimons ni les gros ni la foule.
Et EPE n'a pas besoin d'une galerie surdimensionnée, quand il "peint" sur le mur de la honte d'Israel,
il oeuvre à l'échelle de la planète, car c'est bien connu que le monde entier adore ce mur.
Mais d'un autre coté je comprends un peu que des moyens soient donnés à des artistes pour faire oeuvre en grand.
Et ce n'est pas que pour le marché.
Enfin si mais pas que.
Serra, Kapoor, et même Kieffer, à Monumenta, c'était bien.
Plusieurs galeries vont dans la banlieue parisienne avec de plus grands espaces,
pour permettre de plus spectaculaires expositions.
Pourquoi pas, si l'artiste le mérite.
Le musée Soulages ne le dessert pas , je suppose, ni Conques.
J'adorerais voir Buraglio et ses "bouts de papier" à Monumenta Smile[/quote]
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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  Jean-Yves Amir le Lun 29 Juin - 17:53

Quoiqu'il en soit, ces grands portraits de résistants ne sont pas du meilleur Pignon-Ernest. Ils sentent la commande officielle.

Le meilleur Pignon-Ernest, ce serait plutôt ceci qui suit. Je tiens cette anecdote de lui directement un jour où je l'ai rencontré inopinément dans une petite galerie du midi maintenant disparue.

Entre 1988 et 1995, il a fait plusieurs "interventions images" successives à Naples. Ses dessins étaient, pour la plupart je crois, des citations de Caravage, en tous les cas des références picturales. Mais il existe un cas un peu à part, le seul à ma connaissance qui ne soit pas du même registre.
Après ses premières interventions à Naples, Pignon-Ernest connaissait un peu les gens des quartiers qu'il fréquentait, en particulier ceux qui vivent ou travaillent dans la rue comme cette vieille dame qui tenait une boutique de bouquins ou de journaux et que l'on voit là, tout à fait à droite de cette première image, à côté d'un dessin de l'artiste collé au mur.



Et puis, quand il est revenu à Naples l'année suivante, Pignon-Ernest n'a plus vu la vieille dame avec sa table, ses tréteaux et ses bouquins. Elle était morte entre temps.
Alors il a fait un dessin d'elle qu'il a collé à l'endroit où elle tenait sa petite boutique...





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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  alainD le Lun 6 Juin - 17:13

oui très très beau ce qui précède, Jean-Yves..
je viens pourtant pour une commande officielle.
C'est dans l'actualité et comme on le sait j'ai le tort (??) de dégainer plus vite que mon ombre:





reedit!!!

.. a écrit:Invité de Radio Classique ce mardi 7 juin, le député PS frondeur a regretté la manœuvre du ministre de l’Economie.
Pour lui, il s’agissait bel et bien d’une provocation volontaire
que de se pointer dans cette commune communiste
pour la commémoration du Front populaire, s'y sachant attendu.
Il dénonce ainsi une confrontation "délibérée" :

"""J’ai été ministre, il y a des cabinets ministériels. Les cabinets, quand on se déplace, ils savent parfaitement la situation que l’on va trouver. Donc aller pour le lancement d’un timbre sur le Front populaire à Montreuil, on est à peu près certain qu’on aura une manifestation. Il y a des choix de confrontation qui sont délibérés.""

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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  alainD le Dim 26 Juin - 12:05

je sais pas ce qu'ils ont à Artpress, après 40 ans à avoir quasi boycotté Ernest, mais là, numéro de juin il y a une longue bonne interview faite par le patron, Henric.
voici la fin:

( plus que drôle et faux-cul quand il dit "certains t'ignorent" )

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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  Jean-Yves Amir le Dim 26 Juin - 19:25

A l'occasion de sa rétrospective au MAMAC de Nice, Antoine Perraud a écrit un bel article sur Pignon Ernest.
Il est entrelardé d'images, et surtout d'un interview en plusieurs parties que je ne peux reproduire ici.
(Médiapart ne m'en voudra pas, je l'espère, d'avoir ainsi pompé son article, nous oeuvrons pour la bonne cause  Very Happy )

Pignon-Ernest: la mémoire et l'éphémère
24 juin 2016 | Par Antoine Perraud
Pionnier de l'art urbain en France, interventionniste esthétique et politique, Ernest Pignon-Ernest se voit célébré par une rétrospective niçoise. Rencontre avec un sacré activiste, pas près de se laisser embaumer…

Nice (Alpes-Maritimes), envoyé spécial.-
Il faut imaginer, en 1962, l’elfe de 20 ans, pas plus haut que trois pommes à genoux, libéré – pour cause d’indépendance – de ses obligations militaires en Algérie. Le voilà parti sans le sou en Italie, où il dessine à la craie, à même les trottoirs de Rome ou de Florence, des œuvres de Michel-Ange et Raphaël pour survivre dans la péninsule grâce à l’aumône des passants. Ce fils d’un employé des abattoirs et d’une coiffeuse établis à Nice avait découvert l’art à 12 ans, c’était en 1954, en ouvrant un numéro de Paris Match : Picasso ! Nec plus ultra.

Ernest Pignon ne pouvait que sortir du cadre. Il nicherait ses créations dans la nature et dans les cités. L’occasion fait le larron en 1966. Tout juste installé dans un ancien bistrot du Vaucluse transformé en atelier pour y déployer à cœur ouvert ses traits sur des formats immenses, il découvre, sur le plateau d’Albion, nichée sous la lavande, la mort en instance : les missiles Titan, gloire de la dissuasion nucléaire française, qui, dans leur silo, n’attendent que la pression de l’index présidentiel pour semer la désolation atomique. Ernest Pignon ne fait ni une ni deux : ses représailles artistiques auront lieu in situ.

Pour la coller sur la roche du paysage, les pans des maisons, ou le macadam des routes qui mènent au plateau d’Albion, il reproduit au pochoir une photographie de la catastrophe d’Hiroshima : la silhouette calcinée d’un passant comme pyrogravée sur un mur par le feu nucléaire, le 6 août 1945. L’artiste de 24 ans retrouve alors, sans le savoir, le mythe de la fille d’un potier corinthien traçant sur une paroi l’ombre de son amant histoire de n’en jamais perdre le souvenir – c’est ce que rapporte Pline l’Ancien, situant l’origine du dessin dans un tel geste. Une dimension sacrée, révélée par une approche des lieux – avec leur potentiel dramatique – et des gens – souvent ressuscités dans une perspective charnelle nimbée de sensualité : voilà ce qu'inaugure ainsi l'artiste. Il ne cessera de le proclamer : « L'important n'est pas l'œuvre, mais la démarche. »

Ernest Pignon a trouvé sa vocation de rebelle chargé de la vengeance des peuples, avec ses interventions radicales sur les murs de nos villes. Muni d'une échelle, seul ou accompagné de quelques complices – dont Yvette Ollier, sa compagne rencontrée en 1959 –, il allait tapisser, cinq décennies durant, notre imaginaire collectif. Sa figuration de Rimbaud, en adolescent lunaire et renfrogné post-soixante-huitard (c’était en 1978), deviendra une icône de l’art urbain (street art). Et nombreux, parmi nous, ont à l’esprit cette trace et ce tracé, aperçus en couverture d’un livre ou d’un magazine. Sans pour autant connaître Ernest Pignon, devenu Ernest Pignon-Ernest.

Le redoublement ironique de son prénom claque comme un défi. Communiste insoumis, il subissait en effet l'hostilité venimeuse d’un couple de la vieille garde du PCF : la journaliste de L’Humanité Hélène Parmelin (1915-1998) et son époux le peintre Édouard Pignon (1905-1993). À ne pas confondre…

À ne pas récupérer, non plus. La bourgeoisie française, capable de tout en la matière, offre au franc-tireur et partisan du collage sauvage le péristyle du Panthéon. À l'occasion du transfert, au sein de ce temple républicain, de quatre résistant(e)s : Geneviève Anthonioz-de Gaulle, Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Jean Zay. Ernest Pignon-Ernest honore cette commande de l’État en 2015.

Mai 2015. De gauche à droite : Jean Zay, Geneviève Anthonioz-de Gaulle, Pierre Brossolette, Germaine Tillion... Mai 2015. De gauche à droite : Jean Zay, Geneviève Anthonioz-de Gaulle, Pierre Brossolette, Germaine Tillion...

Et voici que l’été 2016 commence avec une rétrospective organisée, à Nice, ville natale de l’artiste, par le musée d’Art moderne et d’Art contemporain : le Mamac. Voilà un nom qui n’eût pas déplu à Jean Genet, auquel Ernest Pignon-Ernest a rendu un hommage oscillant entre le liturgique et la castagne. C’était en 2006 et les docks de Brest s’ornaient d’une forme de crucifixion érotique. Une fois de plus, notre plasticien sanctifiait le profane et violait le vénérable, marginalisait le centre et rendait centrale l’exclusion, fictionnalisait le réel tout en réalisant le songe. Il imposait le corps défendu à son corps défendant. Il offrait, à la ville et au monde, l’ombre portée par porteur : lui-même en Charron faisant retraverser le Styx à tant de spectres remis sous nos yeux.

Jean Genet, Brest, 2006 Jean Genet, Brest, 2006

La Commune de Paris, escaliers du métro Charonne, 1971 La Commune de Paris, escaliers du métro Charonne, 1971
Ils ne sont pas morts pour rien, les martyrs de la Commune ! Voilà ce que Pignon-Ernest voulait que se fourrât dans le crâne la bourgeoisie parisienne, héritière des Versaillais du foutriquet Adolphe Thiers, en 1971. Pour le centenaire de la Semaine sanglante, les macchabées trucidés par les forces de la réaction envahirent alors, pauvres corps suppliciés, la capitale : de la Butte-aux-Cailles au Père-Lachaise en passant par les quais de Seine – où les “paponnades” du 17 octobre 1961 avaient trucidé d'autres êtres humains. Ces cadavres en série épousaient même les marches du Sacré-Cœur ou du métro Charonne. Pensez-y en les piétinant ! Répression un jour, répression toujours. Si ce n’est toi, sérigraphie… En 1971, des gisants de 130 x 250 sont entrés dans Paris, Pompidou régnant.

Serait-il possible alors que, trente-cinq ans plus tard, un Estrosi pût récupérer ce chantre de l’art à ciel ouvert, dans sa bonne ville de Nice ? Mediapart, pour recueillir la réponse, se rend au Mamac, alors que les derniers préparatifs battent leur plein avant le vernissage du 24 juin. Les équipes s’activent pour restaurer, accrocher, éclairer 420 œuvres, ou plutôt traces d’œuvres (photographies, dessins préparatoires…), qui rendent compte des interventions subversives, en France et ailleurs, d’un humaniste engagé face à l’injustice et à la brutalité. Un homme parmi les hommes, qui semble toujours prêt à grimper sur son échelle pour coller généreusement contre la connerie. Un elfe hyperactif de bientôt 74 ans, à la démarche dansante, que Mediapart est parvenu à faire asseoir cinq minutes sur un banc, dans l’une des salles qui lui sont consacrées…



Le plasticien aux semelles de vent

S'il regorge de projets – Haïti, guidé par les écrits de Lyonel Trouillot ; le camp de Terezin, où mourut Robert Desnos le 8 juin 1945 –, Ernest Pignon-Ernest se laisse appréhender à partir d'une œuvre constituée, marquée par des effigies emblématiques ressuscitées (Rosa Luxembourg, Maïakovski, Pablo Neruda, Maurice Audin, Mahmoud Darwich…), ainsi que par des causes communes qu'il est parfois un peu seul à défendre et illustrer (immigrés, prisonniers, expulsés, victimes des accidents du travail…).

La portion la plus heureuse de son travail a été menée en Italie, écrin rêvé de ses quêtes artistiques et politiques. En Toscane, les habitants se prirent au jeu des personnages-fétiches que le peintre accrochait au mur des maisons – « Mets-moi des femmes à mon balcon », suppliait tel galant du cru, tout en montrant la demeure d'une voisine : « Installe-lui autant d'hommes que tu pourras ! »

Et c'est à Naples qu'Ernest Pignon-Ernest a trouvé son biotope. La symbiose entre la ville et ses collages était totale. Une étude a montré que 80 % des habitants se souvenaient d'œuvres pourtant amenées à disparaître, mais qui étaient restées aussi longtemps que le permirent la météo, la pollution et de rares lacérations. Venant et revenant au pied du Vésuve de 1988 à 1995, le plasticien aux semelles de vent eut même l'occasion de se livrer à un jeu de miroir vertigineux. Une vieille dame, toujours assise à côté d'une de ses installation, vint à mourir. Alors l'artiste la dessina, puis exposa une telle représentation exactement là où se plaçait la disparue, qui devint alors pour le quartier l'objet d'un culte, son effigie ayant été, naturellement, transformée en sanctuaire…

Hélas ! les salles « italiennes » de la rétrospective du Mamac de Nice s'avèrent dans un désordre bruyant peu propice aux explications du créateur. La visite guidée est écourtée. Nous ne pouvons filmer Ernest Pignon-Ernest nous expliquant l'un de ses collages les plus rocambolesques, voué à Pasolini. Tout est parti du film Accattone (1961), au début duquel Franco Citti se lance du pont Saint-Ange à Rome. L'image a durablement marqué le plasticien, en raison des anges du Bernin qui encadrent un tel plongeon. Sur l'appui du pont, en souvenir de la scène, Ernest Pignon s'était fixé comme tâche de disposer sa représentation du cinéaste portant sa propre dépouille.

Il a effectué quatre ou cinq repérages. L'endroit était impossible à atteindre, sauf en passant par le Tibre. Avec sa compagne, il a finalement acheté un canoë pneumatique, puis organisé une expédition au creux de la nuit romaine dans l'espoir d'échapper aux carabinieri – le Vatican est en face et on ne badine pas avec la sécurité. Il a fallu gonfler le canoë, traverser avec un seau plein de colle, accoster dans les pires difficultés, en un endroit tellement inaccessible que seule une crue du fleuve eut un jour raison de l'affichage sauvage…

Dans la ruche de cette section consacrée aux années italiennes, deux jeunes restauratrices, après s'être affairées sur une fresque d'Ernest Pignon-Ernest, osent aborder le maître. Elles l'ont étudié comme une référence parmi tant d'augustes repères au cours de leur formation. Et le voici qui passe et virevolte : vivant comme tout ; simple comme bonjour. Une conversation s'engage, avant que le plasticien ne reprenne le fil de ses explications pour Mediapart à travers les dédales de sa rétrospective.

Celle-ci commence par une sorte de « message personnel », comme on disait à Radio Londres. Christian Estrosi, en inaugurant l'exposition, connaîtra une espèce de Canossa symbolique, lui qui fut l'adjoint aux sports d'un des personnages politiques les plus néfastes de la Ve République, précurseur de la corruption et de l'abaissement clientéliste actuels, jadis soutien du régime raciste sud-africain : Jacques Médecin, maire de Nice de 1965 à 1990…

©️ Mediapart

Autres travaux pratiques que Mediapart propose à l'artiste : son affiche formidable de 1975. C'est l'époque où Simone Veil porte, à la fois au nom de la droite française et à son encontre, la loi libéralisant l'avortement. « L'avortement tue », affichaient alors les annonciateurs des mouvements réactionnaires et séditieux revenus en force en 2013, comme jamais depuis 1934, à l'occasion du mariage pour tous. La réponse graphique, en 1975, consiste à retourner l'accusation scélérate des militants antiavortement. Oui, l'interruption volontaire de grossesse tue, 5 000 femmes chaque année, parmi celles obligées de se faire clandestinement avorter. Mais comment figurer l'horreur et la détresse, sans tomber dans la violence mimétique des groupuscules attachés à leurs représentations horrifiques des fœtus assassinés ?

©️ Mediapart

En 1978, un thème hante Ernest Pignon-Ernest : les expulsés, en particulier dans le quartier Montparnasse, à Paris, victimes de la spéculation immobilière encouragée par le maire Jacques Chirac, héritier des trouées urbaines gaullo-pompidoliennes qui défigurèrent les agglomérations en rejetant les plus précaires vers les périphéries. Là encore, les bombes visuelles à retardement semées par notre Petit Poucet des villes, éphémères dans leur manifestation, auront un effet durable sur les prises de conscience. Ces personnages, plaqués sur des pans de murs désolés parmi les chantiers de démolition, rappellent à qui tombe dessus les exodes de toute sorte et les malheureux de tout poil…

©️ Mediapart

« C'est stupide et cupide »

Le dessin d'Ernest Pignon-Ernest se nourrit à la fois de ce qui se voit et ne se voit pas – l'histoire des lieux le taraude, il étudie les anciens plans et cadastres pour que l'enfoui émerge à nouveau, pour que les réalités se superposent comme en un palimpseste. Ivre de passé (il frissonne à l'idée de coller, comme en Italie, ses effigies sur des murs millénaires), l'artiste propose également des dispositifs qui offrent à lire l'avenir.
Cabines : 1997-1999 Cabines : 1997-1999

En l'occurrence, son travail sur les cabines téléphoniques soumet d'étranges signes avant-coureurs. Qui eût jamais pensé qu'en peuplant ces lieux froids, exigus, inhospitaliers, il prophétiserait l'entassement de tant d'être privés du moindre refuge en de telles cages de verre ? Ce côté chamane du plasticien, qui flaire le futur, sur quoi repose-t-il ? Ernest Pignon-Ernest semble toujours le nez au vent, disponible à toutes les sollicitations inédites, mais tout le ramène aux sensations de son enfance, en particulier dans l'arrière-pays niçois où l'on s'échinait à recueillir, parmi les oliviers, les fruits souvent chiches d'un labeur harassant. Ainsi comprit-il, d'emblée, les Algériens colonisés comme les Palestiniens sous la férule israélienne : au nom de telles perceptions communes, puisées dans un archaïsme qui aide à déchiffrer la modernité.

L'artiste travaille à partir de la présence ou de l'absence des corps, sans jamais tomber dans le pathos ni l'expressionnisme grandiloquent. Ses propositions plastiques s'en tiennent au réel et à ses effets, jouant sur les lieux et leur potentiel dramatique. Le dessin, très travaillé, n'est pas l'alpha et l'oméga. « L'œuvre, c'est ce que provoque le dessin », répète celui qui aura rehaussé ce legs soixante-huitard : l'intervention. Il lui est arrivé de retrouver des dessins préparatoires, qu'il avait abandonnés ou donnés, en salle des ventes : « C'est stupide et cupide », lâche-t-il, lui qui n'a jamais vendu de sérigraphie, lui qui s'attache, dans ses images précaires, aux reliques des autres – sans jamais imaginer que les siennes deviendraient un jour cotées, voire arrachées sur les palissades par des grippe-sous en quête de vestiges rémunérateurs…

Des malades du sida en Afrique du Sud à Antonin Artaud croupissant à l'hospice d'Ivry, Ernest Pignon-Ernest flaire et piste les plus démunis. Quand il apprit que la prison Saint-Paul de Lyon était celle qui provoquait le plus de suicides en France, il s'y rendit en 2012. Alors il porta son regard sur les bouteilles plastique attachées à une ficelle ou à un drap, que les détenus tentent de faire passer de cellule en cellule, mais qui finissent souvent dans les rouleaux de barbelés qui les accrochent : bouteilles captives des séquestrés, mise en abyme de la réclusion sur laquelle l'artiste a travaillé, en sémiologue les pieds sur terre…

©️ Mediapart

Le poète André Velter écrit à ce sujet : « Sans juger des raisons qui avaient présidé à l'enfermement des condamnés pendant près de deux siècles, il y avait dans le fait même de la détention une atteinte d'ordre ontologique qui dépassait tel ou tel cas particulier et demandait à se fondre en une seule silhouette, mais dupliquée, rangée, unique et multiple, contre une muraille ou une palissade. En plaçant un sans-nom, un sans-grande, un sans-distinction derrière des barreaux, Pignon-Ernest entendait raviver le lointain cousinage avec celui qui fut couronné d'épines et désigné génériquement d'un “voici l'homme”. Ecce homo : formule à jamais attachée à tous les Ponce Pilate qui s'en lavent les mains. »

Oncques l'artiste plasticien ne s'en lava les mains. Il se révèle toujours pris dans une tension créatrice, éprouvée entre deux antagonismes. En politique, sa fibre libertaire le poussait vers le PSU, hélas peuplé de nantis : « Leurs parents étaient des anticommunistes par la droite et eux par la gauche ! Moi, mon camp, même s'il m'exaspère parfois, c'est la classe ouvrière. Alors j'ai choisi le PCF. » Il y est entré en 1967. Il dit ne pas trop savoir quand il en sortit, soupirant : « Je ne supportais pas Georges Marchais. Il était la négation de ce qui m'avait amené. » Aujourd'hui, Ernest Pignon-Ernest, par devoir, fidélité, mais aussi peut-être espérance, se retrouve président de la Société des amis de L'Humanité.

Ce qui lie et délie, s'enchevêtre singulièrement chez lui. On retrouve un tel tropisme dans l'une de ses œuvres les plus puissantes et troublantes : Extases. Huit femmes mystiques sont dessinées sur des feuilles marouflées, dans une dynamique qui suggère l'élévation. Elles se reflètent en un plan d'eau les inscrivant dans une profondeur étrange, onirique et suggestive, tandis que l'éclairage les sertit en passant de l'obscurité totale au jaillissement tamisé. Après la chapelle Saint-Charles d'Avignon, le musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis, l'hospice Comtesse de Lille, le prieuré de Ronsard à Saint-Cosme et, en 2014, la chapelle de la Salpêtrière à Paris, voici que l'église baroque Saint-Pons, désaffectée depuis belle lurette à Nice, accueille Marie-Madeleine, Hildegarde de Bingen, Angèle de Foligno, Catherine de Sienne, Thérèse d'Avila, Marie de l'Incarnation, Madame Guyon et Louise du Néant. En quête de désincarnation, elles se débattent avec leur enveloppe corporelle.

« La douleur était si vive que je gémissais et si excessive la suavité de cette douleur qu’on ne peut désirer qu’elle cesse. Douleur spirituelle et non corporelle, bien que le corps ne manque pas d’y avoir part et même beaucoup » (Thérèse d'Avila). Comment non pas épuiser mais donner idée d'un tel combat ineffable ? « Je voudrais que la fiction qu'est mon image se fonde dans la réalité du lieu », nous glisse Ernest Pignon-Ernest. Le résultat est d'une intensité folle. Au sein de l'église obscure et silencieuse, le plan d'eau dans lequel se mirent les huit figures en extase donne son sens à ce qu'écrit Julia Kristeva (Thérèse mon amour) : « L’eau : fiction du transvasement entre l’être autre et l’Innommable intime, entre le milieu extérieur et “l’organe” d’un intérieur sans organes, entre le Ciel du Verbe et le vide d’un corps féminin avide. »

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Jean-Yves Amir
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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  alainD le Dim 26 Juin - 20:01

ah ! oui bonne cause! merci!!

mais c'est chiant de lire sur l'ordi..
tu imprimes tout , toi , Jean-Yves ??
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alainD

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Re: Ernest (Pignon-Ernest)

Message  alainD le Dim 26 Juin - 20:03

ps dans ArtPress Ernest rebat les cartes des dénominations "street art" ect devant ceux qui viennent le courtiser après 40 ans de boycott, c'est très drôle
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alainD

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